Économie de guerre

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  • Publié le : 20 mai 2009
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En 1914, aussi bien les pays de l'Entente que les Empires centraux ont cru qu'ils s'engageaient dans une guerre courte, comme l'avait été la guerre franco-prussienne de 1870, la dernière guerre qui avait opposé des pays industrialisés en Europe.
La mobilisation générale et massive de l'été 1914 au cours de laquelle des millions de soldats ont été appelés à rejoindre leurs régiments, aentraîné immédiatement un effondrement de la production industrielle et même la fermeture de nombreuses entreprises.
Les transports ferroviaires de marchandises et les circuits commerciaux ont été désorganisés compte tenu de leur utilisation prioritaire pour les besoins des armées.
Dans tous les pays belligérants, les gouvernements ont pris la décision de fermer les Bourses de valeur pour empêchertoute spéculation, et de suspendre la convertibilité en or des monnaies afin de pouvoir financer au moins en partie l'effort de guerre par une inflation monétaire contrôlée.
Partout on fit appel aux femmes, aux enfants, aux personnes âgées pour assurer les récoltes.
Le Royaume-Uni qui avait d'emblée décrété le blocus des côtes allemandes, pour isoler les puissances centrales, continuait decommercer avec les pays neutres, comme la Hollande, en sachant très bien qu'ils servaient d'intermédiaires entre lui et les Empires centraux.
Mais aucun gouvernement n'envisagait l'idée d'une guerre totale donc économique, entraînant une mobilisation de toutes les ressources financières et économiques, une remise en question du libéralisme économique et une intervention appuyée des Etatsdans l'économie.

2/ Les débuts de l'économie de guerre

L'organisation de la production de guerre a été lente, parce qu'elle se heurtait à des difficultés techniques et qu'elle mettait en jeu des intérêts contradictoires ( patrons, salariés ).
Le passage à l'économie de guerre a été esquissé en 1915, lorsqu'après ce qu'on a appelé la « course à la mer », a disparu l'illusion d'uneguerre courte, puis il s'est imposé en 1916, au fur et à mesure qu'on s'enfonçait dans la guerre de position, la guerre des tranchées.
Dans tous les pays belligérants, les gouvernements ont dû orienter la production dans le sens d'une guerre longue, technique, industrielle, moderne, nécessitant des armes nouvelles et de plus en plus puissantes.
Les Empires centraux, paralysés par leblocus allié ont été confrontés à d'énormes problèmes d'approvisionnement en produits alimentaires, en énergie et matières premières.
En France, l'occupation par les armées allemandes de 9 départements situés dans les régions productrices de charbon et d'acier ( Nord-Pas-de-Calais et Lorraine ) a entraîné une perte non négligeable du potentiel industriel.
Le Royaume-Uni et la France quipouvaient s'appuyer pour leur ravitaillement sur leurs empires coloniaux, ont dû faire face à la guerre sous-marine déclenchée par l'Allemagne pour riposter au blocus de ses côtes.
Partout, au fur et à mesure que le conflit se prolongeait, les pays belligérants se sont enfoncés dans une économie de guerre qui nécessitait une intervention de plus en plus forte des Etats dans l'économie, développéeen concertation avec les industriels et les milieux d'affaires qui furent les principaux bénéficiaires de l'économie de guerre.

II. Le fonctionnement de l'économie de guerre

1/ Les instruments du dirigisme étatique

Une fois installée, l'économie de guerre a fonctionné autour d'un réseau complexe de partenaires directement ou indirectement contrôlés par les Etats :
- lesgouvernements, les dirigeants politiques et les parlementaires qui fixaient les priorités, déterminaient et votaient les lois et les budgets, prenaient les décisions ;
- les ministères spécialisés ( guerre, travail, colonies, main d'oeuvre ) qui les faisaient exécuter ;
- les états-majors militaires qui déterminaient les besoins des armées et exposaient...