Étuidiant

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  • Publié le : 18 juin 2009
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cte I, sc�ne 1 (p. 36- "H� depuis quand seigneur?") - Acte I, sc�ne 3 (p. 42- "...et conspire � me nuire")

NOTA : LES LETTRES "H, B, M" QUI SUIVENT LES NUM�ROS DE PAGES INDIQUENT LE HAUT, LE MILIEU OU LE BAS DE LA PAGE.
Passage qui se situe � l'ouverture de la pi�ce, et qui consiste paradoxalement en une sortie, ou un d�sir de fuite, dans le monde aventureux ou dans la mort. Au del� de ladimension strictement informative que doit avoir une sc�ne d'exposition, on s'int�ressera dans ce passage � ce qui nous para�t constituer les enjeux essentiels dePh�dre�: le statut accord� � la parole, la qualit� de la pr�sence � soi-m�me, la position par rapport � la loi.
Les personnages dans Ph�dre, et Hippolyte au premier chef, sont essentiellement d�pendants, soumis � la famille et � lapression de la�g�n�alogie, c'est ce que nous �tudierons dans un premier temps. Cette pression d�termine les personnes, et avec elles la qualit� de la parole,�sous le signe du d�tour et de l'att�nuation.�Enfin, le v�ritable enjeu de cette parole n'est autre que�l'acc�s difficile, voire impossible � la vie et au bonheur.

I) La pression de la g�n�alogie
Les personnages en pr�sence � l'ouverture de lapi�ce n'existent pas, � proprement parler,� pour eux-m�mes�: ils ne sont et ne se pensent les uns les autres qu'� travers leur parent�, fratrie ou ascendance.
1)����� Hippolyte ou la parent� mortelle
Hippolyte n'a pas de statut autonome�: ce qui d�termine son action (le d�part) et sa position amoureuse impossible (Aricie), c'est son�p�re, qui constitue le v�ritable objet de l'�change avecTh�ram�ne.
Il est le fils de Th�s�e et d'Antiope, s?ur�d'Hippolyt� reine des Amazones. Cette parent� le place dans une situation impossible. Il est le descendant d'une femme dont il a h�rit� une surf�minit� qui ne saurait lui garantir le statut d'homme (le c?ur si fier, si d�daigneux v. 67�; l'implacable ennemi des amoureuses lois v. 59), et d'un p�re qui lui ferme symboliquement les portes de la virilit�,� un double titre�:
-�������� Th�s�e est un�h�ros, �mule d'H�rakl�s (cf. allusion � Alcide, autre nom d'H�rakl�s, au v. 78), un homme au dessus du commun des mortels, qui a assur� l'ordre et la loi dans toute le Gr�ce, triomphant des brigands (P�riph�t�s d'Epidaure, Sinis � Corinthe, Procuste � Erin�os), imposant sa force (contre le roi Cercyon � Eleusis), triomphant du Minotaure (v. 80 � 82). SiHippolyte veut partir comme il l'a annonc� � l'entr�e de la pi�ce, c'est pour retrouver son p�re et se mettre en situation de faire ses preuves, de se trouver lui-m�me et d'acc�der � son tour au statut de h�ros�: vaincre des monstres lui aussi, et incidemment acqu�rir ��le droit de faillir comme lui�� 39-.
-�������� D'autre part, et peut �tre surtout, Th�s�e est un ��homme � femmes��,un�s�ducteur, qui confirme et enferme Hippolyte dans ce que l'on est en droit d'appeler son refoulement�: de la belle geste de Th�s�e, Hippolyte ne veut garder qu'une moiti�, celle qui concerne la victoire sur les monstres et les brigands, et veut oblit�rer, censurer la geste des amours, moins glorieuse, indigne selon lui �(v. 83 � 94).
2)����� Ph�dre et la parent� fatale
Ph�dre intervient d'embl�e dans lediscours d'Hippolyte � travers la c�l�bre p�riphrase jug�e inepte par un personnage de�La Recherche�:�"La fille de Minos et de Pasiphae"�(v. 36). Une p�riphrase qui dit tout pourtant de Ph�dre, et de l'intrigue qui va na�tre�: Ph�dre n'est �voqu�e par Hippolyte qu'� travers son ascendance, qui signe aussi sa contradiction�:
-�������� Minos incarne la loi, il est une sorte de double de Th�s�e, h�roscivilisateur et l�gislateur, et comme Th�s�e aussi, s�ducteur imp�nitent, m�me si Ph�dre dans la suite de la pi�ce, (et � l'instar d'Hippolyte vis � vis de Th�s�e) ne voudra voir en lui qu'un p�re digne, le juge qui si�ge aux Enfers.
-������� De sa m�re Pasiphae, elle h�rite d'une double contradiction�: Pasiphae est�fille du soleil, du c�t� de la vie et de l'affirmation de l'�tre, et...