Être juste, est-ce être dans son droit?

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  • Publié le : 23 mars 2011
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Florence LONG

Être juste, est-ce être dans son droit?

Les actes de la Résistance, lors de la seconde guerre mondiale, étaient prohibés par un État qui défendait l’idéologie nazie. Celle-ci, en affirmant la supériorité de la race aryenne, pointait l’inutilité des autres races sous prétexte de leur infériorité. C’est ainsi que les races dites “inférieures” se voyaient privées desdroits les plus élémentaires quand on ne s’efforçait pas de les éradiquer. Du point de vue du droit, le système instauré par l’idéologie nazie était juste puisqu’il renvoyait à des inégalités naturelles que le droit se contentait de reprendre à son compte. Pour autant, un système fondé sur des inégalités naturelles ne peut être dit juste si l’on se réfère à un principe moral qui invite à accorder àchaque homme des droits identiques à ceux de ses congénères. Ainsi, le droit et la justice ne se recouvrent pas nécessairement. Si l’homme qui respecte des lois égalitaires s’avère juste dans la mesure où il n’enfreint pas l’équilibre des droits et des devoirs institué par ces mêmes lois, celui qui se plie à des lois qui contredisent l’égalité entre les hommes, quand bien même est-il dans sondroit, ne peut être considéré comme juste si l’on adopte comme référent cette morale que chacun porte inscrite en soi. Il ne suffit donc pas que l’homme soit dans son droit pour être juste, encore faut-il que ce droit soit fidèle à des exigences morales qui seules permettent, en dernier lieu, de se prononcer sur la valeur du droit établi.

La finalité du droit positif étant de réaliser l’égalitéentre les hommes, à savoir la justice, lorsque l’homme respecte les lois établies, il est reconnu comme un être juste puisqu’il ne perturbe pas l’équilibre créé par le droit. Dans ce contexte, l’homme dont les actes ne dépassent pas le cadre qui lui est imparti, l’homme qui reste dans son bon droit, peut être dit juste.
Sans l’existence du droit, l’homme n’aurait d’autre occupation qued’assurer sa propre survie. En effet, l’homme à l’état de nature ne rencontre pas d’autres limites, dans son comportement, que celles que la morale lui pose. Or, si celle-ci s’impose à la conscience, elle ne détermine pas pour autant les actes. De telle sorte que l’homme à tendance à obéir à ses désirs plutôt qu’à suivre les exigences de sa raison. C’est pourquoi, l’état de nature est un état de violence.Rien ne limite vraiment les désirs. Aussi apparaissent des velléités de domination et des rapports de force qui conduisent à l’asservissement de quelques uns. Mais si la violence existe, elle est identique pour chacun puisque personne n’échappe à la menace de mort, pas même les plus forts. Car ceux qui ne disposent pas de cet avantage peuvent avoir recours à la ruse et menacer, par là-même, lavie des plus forts. Ainsi, dans un état où “ l’homme est un loup pour l’homme” selon l’expression de Hobbes, il devient nécessaire de recourir à la protection d’un État afin de prévenir les excès des comportements humains. L’État doit assurer à chacun des droits identiques sans quoi aucun citoyen n’acceptera de perdre sa liberté pour se soumettre à des lois. Il faut que soit créée une égalité desdroits et des devoirs, une justice, si l’on veut donner naissance à un État pérenne qui ne soit pas remis en cause perpétuellement par des revendications égalitaires.
Le seul moyen de garantir la paix sociale est d’offrir à chacun les mêmes conditions de vie, le même cadre sans quoi une rébellion est toujours possible. C’est pourquoi le droit positif s’efforce de réaliser une justice qui assureun équilibre des droits et des devoirs entre les citoyens. L’État organise donc la vie sociale de telle sorte que chacun dispose de droits équivalents. C’est par exemple, souligne Aristote dans son évocation de la justice commutative, l’équilibre qui doit prévaloir dans l’échange de telle sorte que chacun des deux protagonistes de l’échange reçoive une satisfaction équivalente à celle de son...