1984 : Livre de science-fiction ou traité de philosophie politique ?

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  • Publié le : 9 mars 2010
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Livre de science-fiction ou traité de philosophie politique ? 1984 de George ORWELL combine génialement les deux genres, c'est ce qui fait la qualité et le renom de ce roman impressionnant.

C'estdans l'immédiate après-guerre, alors qu'il est mourrant, qu'Orwell imagine le monde des années quatre-vingt plongé dans le totalitarisme. Trois Etats totalitaires concurrents perpétuellement enguerre se partagent la planète : l'Océania dirigée par Big Brother, l'Eurasia et l'Estasia.

Orwell qui a été contemporain du nazisme et du stalinisme imagine un totalitarisme absolu, qui necontrôlerait plus seulement les actes mais surtout les esprits, et avec eux la mémoire, et donc la vérité, la science et l'histoire.

« Le commandement des anciens despotismes était : 'Tu ne dois pas.' Lecommandement des totalitaires était : 'Tu dois.' Notre commandement est : 'Tu es.' » (p.360)

Pour domestiquer les esprits, le parti unique invente une langue nouvelle, le novlangue, censée limiter lesdangereuses éruptions mentales intempestives (ces associations d'idées nées de notre vocabulaire riche et complexe), et une gymnastique mentale appelée doublepensée permettant de faire coexister unevérité et son contraire.

Le plus inquiétant c'est de constater la machine infernale qui est en marche dans 1984 : le temps joue pour ce système diabolique qui est toujours plus puissant, toujoursmoins vulnérable. Si on ne détruit pas les germes du mal avant qu'ils n'aient pris racine, le processus totalitaire imaginé par Orwell semble indestructible, irréversible. C'est ce qui expliqued'ailleurs la teinte sombre du roman, très pessimiste.

Passage très fort du roman : la torture physique et psychologique subie par Winston dans le 'Ministère de l'Amour'. On retrouve les terriblestechniques employées jadis par l'Inquisition puis perfectionnées par nazis et staliniens. Cet apparent paradoxe notamment : le supplicié finit par se sentir proche de son tortionnaire, il l'aime et...
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