Abbon de fleury canones

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  • Publié le : 8 mars 2010
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Commentaire du texte « Canones » d’Abbon de Fleury


Abbon de Fleury est considéré comme un intellectuel du Xème siècle. Naît en 945 dans l’Orléanais, il étudie à Fleury, puis Paris et enfin Reims et en 988, il est élu abbé de Fleury sur Loire. Quoique d’accord avec l’idée de suprématie du pontife romain sur l’ensemble des églises, il reconnaît et soutient cependant, dans le texte «canones », la souveraineté royale et particulièrement son caractère sacré. La particularité de ce texte tient à sa date, entre 987 et 997, qui coïncide avec le début de la dynastie capétienne.
En fait, l’année 987 est marquée par l’élection d’Hugues Capet au titre de roi des Francs. Bien que ce fut considéré à l’époque comme une élection banale, c’est en fait, du point de vue des historiens, unévénement majeur qui marque le début des grands changements de la royauté. En effet, à cette époque, la royauté est affaiblie et n’exerce ses prérogative que sur un domaine restreint : le roi est un seigneur parmi les seigneur et ne se différencie des autres seigneurs que du fait de son sacre. La supériorité du roi n’est que théorique et les prérogatives de fonctions publiques sont exercées par lesseigneurs sur leur territoire. Ainsi, le roi n’a pas de pouvoir effectif sur l’ensemble du royaume et l’élection d’Hugues Capet, principalement désigné par les grands du royaume parce qu’il apparaissait comme quelqu’un qui n’était pas d’envergure à gêner, est perçue par ses contemporains comme une élection parmi tant d’autres.
Cependant, son règne marque le début de nombreuses mutations du pouvoirroyal à commencer par l’affirmation progressive, quoique pas imposées sans quelques difficultés, de la souveraineté des fonctions royales. Ceci peut paraître anodin mais c’est le fondement d’une politique particulière qui est exposée par Abbon de Fleury dans ce texte.
En effet, ce dernier développe « la fonction de roi » et « la fidélité due au roi » et semble réaffirmer la royauté à un momentoù celle-ci est plus que faible. Dès lors, une question s’impose : En quoi la pensée d’Abbon de Fleury sur les fonctions de roi et la fidélité qui lui est due, est-elle une illustration appuyée par l’église et annonciatrice des moyens qui ont contribué à l’essor de la monarchie capétienne ?
En ce sens il est important de constater qu’il y a d’abord affirmation de la royauté par l’église ( I )puis assertion du roi comme élément fédérateur et central du royaume (II ).
I/ L’affirmation de la royauté par l’église
Comme dit précédemment, l’auteur est un ecclésiastique. Il n’est donc pas étonnant que l’Eglise soit présente tout au long du texte. Mais ce n’est pas la seule raison car l’Eglise et la royauté ont toujours eu un lien étroit ( A ). Ainsi, il n’est pas surprenant que le roisoit sacré, donnant une dimension divine à son statut ( B), et qu’il soit catholique ( C ).
{text:soft-page-break} A/ Royauté et Eglise : Une alliance historique
La religion a toujours eu une relation particulière avec le domaine politique que ce soit de manière influente ou de manière alliée. En ce qui concerne l’Eglise et le trône des Francs, il n’est pas difficile de retrouver l’origine dece lien car l’auteur l’évoque lui-même lorsqu’il fait allusion à « Charles et son fils » qui « firent tant pour l’administration de la chose publique et l’utilité des églises » (l. 8-9).
Il parle ici de Charlemagne (768-814) qui s’est attelé à la chrétienté, a incité ses fidèles et ses sujets à s’y consacrer et s’est fait sacré empereur en 800 par le pape, faisant ainsi rentrer dans latradition, bien que déjà encré dans les mœurs depuis Pépin le Bref, le sacrement du roi. De même, son fils Louis II le Pieux était comme son nom l’indique, un fervent chrétien.
Ainsi, les Carolingiens ont associé l’Eglise à l’Etat et n’ont eu cesse d’affirmer son importance si bien qu’à l’époque du morcellement féodal, elle demeure la seule institution synonyme d’unité dans le royaume de France....
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