Abrogation

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Interrogatiions ? – Revue plluriidiisciiplliinaiire en sciiences humaiines.. Interrogat ons ? – Revue p ur d sc p na re en sc ences huma nes Numéro 1.. Décembre 2005.. Numéro 1 Décembre 2005 http://www..revue-iinterrogatiions..org http://www revue- nterrogat ons org

Note de lecture :

MAX WEBER « Les causes sociales du déclin de la civilisation antique. »
Economie et société dansl’antiquité, Paris, La Découverte, 1988.

Cette conférence donnée par Max Weber en 1896, alors qu’il enseigne à l’Université de Freiburg im Breisgau, est un texte étonnant d’un double point de vue au moins. Tout d’abord, par la vigueur et l’originalité de la synthèse historique qu’elle représente, qui fait regretter qu’elle ait été si longtemps ignorée des historiens. Ensuite – et c’est plus surprenantencore – par ses accents marxistes. Visiblement, l’orientation fondamentalement anti-marxiste de l’œuvre weberienne n’a pas empêché son auteur d’assimiler certains principes marxistes et d’en user, à l’occasion, avec plus d’intelligence que bon nombre de marxistes eux-mêmes !

L’argument central de l’analyse weberienne pour expliquer la longue décadence de l’empire romain est l’impossibilité danslaquelle celui-ci s’est trouvé de reproduire le rapport esclavagiste de production. Selon Weber, la reproduction de l’esclavage sur les grands domaines latifundistes qui se constituent à la fin de la République romaine va se heurter à deux obstacles. Pour commencer au « régime de caserne » auquel les esclaves sont soumis, qui en limite voire en rend impossible la reproduction biologique, du fait del’interdiction faite

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aux esclaves de nouer des rapports conjugaux et familiaux. Ce qui contraint les grands propriétairesà compter principalement sur la traite pour reproduire leur cheptel humain. Or le marché d’esclaves ne peut lui-même être régulièrement approvisionné qu’à partir de nouvelles guerres de conquête et de nouvelles razzias menées aux « frontières » de l’empire. D’où le second obstacle, dû à l’impossibilité pour l’empire romain de croître indéfiniment. Car, que son expansion vienne à rencontrer deslimites, comme ce fut le cas dès le premier siècle sur le Rhin et au siècle suivant sur le Danube et au Proche-Orient, du fait de la résistance des peuples ou des empires visés par les projets impérialistes romains, et c’est l’approvisionnement du marché des esclaves en nouvelles forces de travail qui tend à se tarir, en condamnant lentement mais irrémédiablement la base esclavagiste du latifundiumromain.

Le tarissement des sources d’approvisionnement en esclaves du monde romain va dès lors contraindre et inciter les patriciens romains à transformer progressivement mais en profondeur les rapports de production régnant sur leurs latifundia. D’une part, à la caserne d’esclaves, ils vont substituer le casement des esclaves sur des parcelles de leur propriété, chacune pourvue d’une habitationpropre permettant aux esclaves de fonder un foyer, parcelles sur lesquelles les familles esclaves sont tenues de produire les biens de subsistance nécessaires à leur entretien avec leurs propres instruments de travail, tout en continuant à être astreintes à la mise en valeur du domaine de leur maître.

D’autre part et simultanément, l’autre catégorie de forces de travail employée sur leslatifundia, celle des colons, voit au contraire sa situation se dégrader. Il s’agissait originairement d’anciens petits propriétaires ruinés et chassés de leurs terres, réduits au statut de fermiers ou plutôt de métayers, auxquels les grands propriétaires allouaient des parcelles de leur bien-fonds ainsi que des moyens de travail (bétail, outils), en contrepartie d’une partie de leur produit et,...
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