Abstentionnisme

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L’abstentionnisme électoral en France.
Alain Lancelot

I. Présentation de l’auteur et du livre.

Alain Lancelot est né le 12 janvier 1937 à Chêne-Bougeries (Canton de Genève, Suisse). Docteur ès lettres et sciences humaines, docteur en études politiques, diplômé de l'Institut d'Études Politiques de Paris dont il deviendra ledirecteur de 1987 à 1996, membre du Conseil constitutionnel depuis 1996, ce politologue, sociologue de renom analyse tout au long de sa carrière l’attitude des Français face à la politique (La participation des français à la politique (1961) ; Les attitudes politiques (1962); L'abstentionnisme électoral en France (1968)). C’est cette dernière œuvre que l’on va ici étudier.
Dans ce livreLancelot propose de faire pour la première fois de l’histoire de la science politique une étude historique et d’ensemble de l’abstentionnisme électoral français, et ce depuis la Révolution Française. Il va tour à tour se pencher sur une vision d’abord géographique, région par région, puis historique, suivant les différentes élections, et au niveau sociologique. Lancelot s’interroge sur l’abstention,ce qu’elle est, les raisons pour lesquelles elle existe, elle croît, mais aussi ce qu’elle révèle de l’attitude des Français à la politique.

II. Étude de l’œuvre.

A. Introduction

Lancelot nous informe tout d’abord que son étude est la première analyse du phénomène abstentionniste à un niveau géographique et historique global (la France). Ce souci de généralité se retrouvetant dans les méthodes employées par Lancelot que dans le domaine étudié. En effet, il va prendre quatre approches différentes du sujet : l’analyse des listes d’émargement (plan individuel), la géographie électorale (plan monographique), l’enquête par sondage (raisons de l’abstentionnisme et sentiments des Français), et enfin l’enquête psychologique (étude des motivations, etc.). Son œuvre comportetrois intérêts : la connaissance du comportement électoral, l’étude de l’abstention qui éclaire le phénomène de la partition, et l’intérêt pour la théorie politique sous-jacente (point de vue des citoyens sur la politique, etc.).

B. Définition de l’abstentionnisme

Le taux d’abstention est le rapport de la différence entre le nombre d’électeurs inscrits et le nombre de votantssur cent. L’auteur étudie les tableaux de l’abstention aux élections en France depuis 1815. Il note que le maximum est de 36,7 % en février 1852 et le minimum de 14,98 % en décembre 1965. Ces données globales suscitent diverses critiques : tout d’abord le problème des non-inscrits. En effet ne pas apparaître sur les listes électorales n’est pas du tout une faute qui peut être punie par la loi, etde ce fait tous les citoyens ne sont pas aptes à voter car ils ne sont pas inscrits. Ces électeurs négligents faussent alors les taux d’abstention : en effet on ne doit pas alors considérer ce taux comme valable pour la population totale en âge de voter mais seulement valable pour ceux qui ont fait la démarche de s’inscrire. Ces électeurs potentiels sont difficilement dénombrables avec précision,malgré divers sondages et le recours possible à la comparaison entre le corps électoral potentiel (personne en âge de voter de nationalité française jouissant des droits civils et politiques) et le nombre d’inscrits. Cette masse de non-inscrits équivaut à environ un million d’individus. De plus le retard de la capacité à voter des femmes complique la mise. De là Lancelot tire une premièreconclusion du fait des non-inscrits, grâce à une analyse sociologique succincte : ignorance, paresse, indifférence, fuite, refus. Vient ensuite le problème des « faux inscrits ». Les cares électorales postées par les mairies à chaque électeur potentiel n’arrive en effet pas toujours à destination et sont retournées aux mairies (environ 9 %), ce qui affecte la validité des listes électorales. En plus de...
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