Acte 2 scene 2 illusion comique

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1580 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 19 avril 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
CORNEILLE Jusqu’à
L’illusion comique « Et depuis je suis beau quand ACTE II je veux seulement ».
SCENE 2

COMMENT CORNEILLE PARVIENT-IL A RENOUVELLER LE PERSONNAGE DE MATAMORE ?

Etudepréalable

Le rôle de Clindor est de faire valoir : il est là pour relancer le discours de Matamore et vient même à son secours quand il est en panne. C’est lui qui est le maître du jeu car c’est lui qui lance Matamore en lui posant des questions. Matamore hésite en permanence entre deux choix ce qui lui permet de ne rien faire et de se griser de sa propre surenchère verbale. On voit la duplicité deClindor que nous avait prédit Alcandre.
Matamore ne cesse de jouer le personnage du brave et ce autant pour lui que pour les autres. Il ne vit que de ses fantasmes. Il a deux faces : il est guerrier et amoureux ; sa seule apparition fait rire. Matamore s’illusionne lui-même tandis ce que Clindor ne joue un rôle que pour les autres.
Cette scène ne sert au final à rien sauf à voir ce que nousannonçait Alcandre ; cependant c’est une scène inattendue: on s’attendait à voir les amours de Clindor. On pourrait dire que la scène sert à confirmer le caractère de Clindor.
Corneille donne une place importante au personnage de Matamore. L’illusion théâtrale est à son maximum lorsqu’il est là.

Scène 2

Introduction
Dans les années 1635, quand Corneille se lance dans l’illusion comique, il estessentiellement connu pour ses comédies. Corneille est reconnu comme un maître de la comédie, en effet il vient de renouveler le genre en créant une comédie fondée sur l’intrigue d’amour, sujet en vogue dans les pastorales. A la différence de la pastorale, Corneille utilise l’esthétique du reflet. La bonne société contemporaine se reconnaît dans les personnages, le style employé se veut naturel.“La conversation des honnêtes gens ce qui fut cause de ce bonheur surprenant qui fait alors tant rire. On avait jamais vu jusque là que la comédie fit rire sans personnages ridicules tels que les valets, les bouffons, les capitans, les docteurs, etc.” Corneille
Or, dans l’illusion comique il met justement en scène un de ses personnages types hérités du Miles gloriousus de Plante et du Capitantde la comédie espagnole repris sous la comedia del arte sous le nom de Scaramouche ou Fracasse, qu’il semblait avoir expulsé de la comédie. On peut donc s’interroger sur les raisons qui ont poussé Corneille à réintroduire un personnage de Capitant et à lui donner une telle présence. Dans cette scène qui commence la nouvelle pièce pour le spectateur puisqu’il s’agit du début de la représentationpar les spectres parlants des amours passés de Clindor pour le bénéfice de Pridamant, il fait son entrée en compagnie de Clindor. Cette entrée a été précédée par les informations fournies en I3 («guerrier amoureux », « vaillante dupe ») et a donc préparé un horizon d’attentes renforcé par la connaissance que le public a alors du rôle de Capitant par son atour verbal et sa vacuité. Nous nousinterrogeons sur son utilité dans la dynamique de la pièce.

Plan
I/ Un personnage ostentatoire
II/ Un personnage d’illusion qui ne vit que de ses fantasmes
III/ Un personnage inutile

I/

Matamore monopolise la parole et capture l’attention par la puissance et l’emphase de son discours.
Rhétorique éblouissante à travers l’emploi d’un double champ lexical : celui de la guerre et celui de l’amourprécieux.
Il se présente comme un vaillant guerrier et un amant merveilleux surtout dans la seconde tirade dans la tradition du Pergopolinice de Plante et du Capitant espagnol.

1) un héros épique

Champ lexical de la guerre très développé.
Discours caractérisé par l’emphase et l’ostentatoire propre au registre épique.
Hypertrophie du « me »
- Colère quand on lui parle d’une armée,...
tracking img