Acte iii, chap15, beaumarchais

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  • Publié le : 26 septembre 2010
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BEAUMARCHAIS : LE MARIAGE DE FIGARO : ACTE III SCENE 15

Introduction :

Marceline, qui a la ferme intention d'épouser Figaro, s'est heurté au refus de ce dernier. Elle lui intente donc un procès, qui fera l'objet de toute la scène 15. Bartholo et le comte soutiennent Marceline. Bartholo sera son avocat, tandis que Figaro va assurer seul sa défense. Le jeu des acteurs et les ressorts comiquesde la scène permettent à Beaumarchais d'y glisser une critique acide du système judiciaire, avec lequel il a eu d'épineux rapports (multiples procès, dont certains perdus, qui l'ont ruiné).
I) Le théâtre dans le théâtre
A. Les acteurs et les phases de la scène
- Les acteurs : les autres juges qui assistent Brid'oison ne s'expriment jamais et ne font qu'approuver en silence les paroles deFigaro.
Le comte siège au centre de la pièce « dans un grand fauteuil », et officie en réalité comme seul juge, privant ainsi les professionnels de leurs prérogatives : Brid'oison est « sur une chaise à côté » et les autres juges « sur une banquette ».

L'huissier n'est pas nommé. Les didascalies indiquent qu'il « glapit » en permanence, il ne fait que réclamer le silence à plusieurs reprises maisses interventions posent le climat de la salle : on en déduit qu'elle doit être très bruyante. Lui-même agité, son rôle consiste à accélérer le rythme de la pièce et en augmente la tension.

Le greffier, nommé « double-main » (la main = le rôle du greffier, qui est de constituer le dossier examiné, est double = il est faux, et outrepasse ses fonctions en prenant parti contre Figaro), il a uneresponsabilité capitale dans la teneur dramaturgique de la scène. C'est lui qui lit les textes, et sa lecture porte à confusion, se prête à contestation. Il est clairement partial et se prononce contre Figaro : « En voilà beaucoup d'inutiles, car vous n'êtes pas demandeur, et n'avez que la défense. » C'est le secrétaire du procureur, Brid'oison.

Brid'oison, le juge qui a écouté les plaintes deMarceline dans les scènes précédentes (qui nous indiquent également qu'il a acheté sa charge = son métier, son mérite et sa compétence sont donc remis en question) est un personnage ridicule. Il bégaie, signe de la lenteur de la justice, de son inefficacité. Son nom même est ridicule : il évoque l'insignifiance, l'antonyme de la puissance.
- Les phases : tout le monde s'installe, l'audience estouverte. Le greffier lit et expose les faits. Puis les contestations des uns et des autres portant sur les énoncés s'enchaînent et animent la scène, l'accélérant et faisant monter la tension. Les hurlements de l'huissier rythment la scène et permettent les enchaînements. Enfin, un ultime rebondissement clôt la scène : Figaro croit avoir gagné, et brutalement le jugement est rendu en sa défaveur, lelaissant pantois. Le grand vainqueur est le comte, qui prend ainsi sa revanche sur Figaro qui l'a humilié tant de fois précédemment.
B. La confrontation des acteurs
- Procédé favori de Beaumarchais, le théâtre dans le théâtre : le ton général, les personnages et les situations sont comiques, l'exagération est constante, l'auteur amplifie les discours de chacun et grossit les traits.

- Figarojoue sur les mots, plaide pour sa version des actes écrits, se défend habilement et emporte l'assentiment des autres juges, mais ces derniers sont silencieux, effacés derrière Brid'oison et le comte.

- Les acteurs s'affrontent sur la langue Française : Beaumarchais joue de ses multiples ressources pour dynamiser la scène et créer des rebondissements ainsi que des effets comiques. Chacuninterprète à sa guise les pièces à conviction.

- Les sujets polémiques s'accumulent :

- La conjonction de coordination « et » et « ou » : « Qu'il y a, messieurs, malice, erreur ou distraction dans la manière dont on a lu la pièce, car il n'est pas dit dans l'écrit : « laquelle somme je lui rendrai, ET je l'épouserai, » mais « laquelle somme je lui rendrai, OU je l'épouserai » ; ce qui est bien...
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