Acte lras noren

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  • Publié le : 29 décembre 2010
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Acte

Acte est le deuxième volet d’une trilogie de Lars Noren, auteur norvegien. Cette pièce est mise en scène par Alain et Daniel Berlioux, et ce dernier ainsi que Catherine Matisse sont les deux seuls comédiens sur scène. Daniel Berlioux interprète le rôle d’un médecin venu faire un bilan de santé à une femme terroriste, mais cette visite va devenir très éprouvante pour eux deux. En effet àl’arrivée du médecin, la femme parait forte, destabilisante et effrayante, alors que l’on voit le médecin géné, et pas très rassuré. Au fil de la pièce on découvre l’autre face du médecin qui lui remémore des moments blessants et indicibles, et la femme perplexe et soucieuse. La dialectique du maître et de l’esclave d’Hegel se concrétise parfaitement avec cette mise en scène. Comment doncretranscrire, dans une mise en scène et dans le jeu des comédiens, les tortures psychologiques subit par les bourreaux et les victimes, avant et après 1945 ?

La scénographie est simple, sur scène il y a un bureau côté cour, une chaise en fer a été placé au milieu et un rideau blanc cache la plus grande partie d’une longue table d’opération qui est recouverte d’un voile blanc. On y voit une dizaine deprojecteurs efficaces; la lumière est importante dans cette pièce, au début de la représentation, une lumière sombre mais de plus en plus intense éclaire la femme terroriste assise sur la chaise, on découvre son physique petit à petit comme on la découvre moralement au fil de la pièce. A la fin, une lumière orangée l’illumine lorsqu’elle se souvient des ses 12 ans, une couleur chaude pour un souvenirde bonheur apparement puiqu’elle sourit en y pensant. On peut aussi penser que c’est le soleil qui apporte cette lumière à travers une fenêtre que l’on devine. Par deux fois on entend le souffle du vent, ce qui représente la vie qu’il y a en dehors de cette salle, la vie que la femme, emprisonnée depuis 7 ans, n’a plus. Ensuite, nous entendons le bruit des wagons qui roulent sur des rails, celapermet à la femme de se rappeler deux souvenirs : les déportations des juifs et des opposants pendant la Seconde Guerre Mondiale, ainsi que le temps qui passe malgrè qu’elle ne le voit plus. Le bureau est placé coté cour, presqu’hors jeu, cette décision de le mettre à l’écart peut montrer le pouvoir instable et fragile du médecin, et représente l’autorité. Sur la table d’opération, il y a unappareil, ressemblant étrangement à un générateur dont les nazis se servaient pour électrocuter les juifs à l’aide d’électrodes. Mais les costumes des comédiens rapelle aussi les tenues de cette période.
La femme porte une blouse grise, et dont les boutons sont remontés jusqu’au cou; elle a aussi une charlotte, cachant sa tête nue. Une femme a qui on a rasé le crâne est une traîtresse, habituellementon punissait les femmes ayant eu des rapports avec un ennemi de cette manière. Cette tenue est le vêtement que portaient les femmes dans les camps de concentration.
Quand au médecin, il porte un costume gris, c’est donc un homme dont le statue social est important. Autour de son cou, se noue une cravate, ce qui représente, tout comme le bureau, l’autorité.

Le jeu des comédiens apporte unedimension à l’Histoire honteuse et angoissante. Au début de la pièce, le médecin parle mais en voix off, n’entendre que la voix d’un interlocuteur accroisse le mystère, on se demande qui il est, à quoi il ressemble. Peut-être aussi que ce choix veut dénoncer l’appréhension à laquelle l’homme fait face, il ne veut pas entrer dans cette pièce. Pourtant, il a l’air sympathique et géné, il est confusdans ses paroles. A son arrivé, il tente de s’assoir sur sa chaise, mais ses gestes sont si incertains qu’il manque de tomber. Sa chute n’a rien d’anormal car il ne regardait pas sa chaise avant de s’assoir, ayant trop peur de quitter la femme des yeux et qu’elle ne s’attaque à lui. Quelques fois, il s’appuie sur son bureau, ce qui marque l’instabilité, il veut se raccrocher au réel, au matériel,...
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