Adam smith est il un physiocrates gar en angleterre ?

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 7 (1687 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 24 mai 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Dissertation : Adam Smith est il un physiocrates égaré en Angleterre ?
Le XVIIIème siècle voit en Europe l'émergence de l'économie comme discipline
et comme science, de plus en plus autonome. C'est François QUESNAY qui
s'essaie le premier à modéliser les circuits économiques dans son "Tableau
économique" (1758 et 1766). Il fut en France le fondateur de l'école
physiocrate (appelée aussià l'époque la "secte des économistes", tant leur
entreprise inédite semblait incongrue). Anne Robert Jacques TURGOT fut
l'autre membre éminent de l'école physiocrate, et aussi son dernier : elle
se dissout avec lui et, quelques années plus tard (en 1776), Adam SMITH
publie ses "Recherches sur la nature et les causes de la richesse des
nations", marquant ainsi l'émergence de l'écoleclassique, dont la théorie
fut plus tard parachevée par David RICARDO et critiquée de l'intérieur par
Karl MARX.

Dans son ouvrage "Richesse et puissance, une généalogie de la valeur"
(1989), François FOURQUET affirme que SMITH est "un physiocrate égaré en
Angleterre". Accepter cette affirmation reviendrait à considérer sous un
angle totalement différent les fondements de l'écoleclassique, considérée
davantage que la physiocratie comme la fondation de la pensée économique
(lorsqu'on parle d'ouvre fondatrice de l'économie, "La richesse des nations"
vient plus facilement à la bouche que le "Tableau économique").

Pour discuter l'affirmation de FOURQUET, nous commencerons par effectuer un
rappel de la pensée physiocrate avant d'y confronter la pensée smithienne.
Nousnous interrogerons ensuite sur les conséquences qu'aurait l'acceptation
de cette affirmation sur l'appréhension de la pensée classique, avant de
proposer une conclusion résultant de la question de savoir si TURGOT était
un véritable physiocrate.

Ce sont QUESNAY et TURGOT qui ont fondé l'école physiocrate, en France.
"Physiocratie" signifie "pouvoir de la Terre, de la Nature". A cetteépoque,
l'économie en tant que science n'existait qu'à l'état embryonnaire, et ces
pionniers de l'analyse économique cherchaient à établir des analogies entre
l'économie et d'autres sciences qui pourraient les aider à structurer leur
pensée. Ainsi, QUESNAY était chirurgien et TURGOT théologien. L'exploitation
des connaissances, méthodes et mécanismes de la chirurgie amena QUESNAY àconsidérer l'économie comme un circuit (son modèle est basé sur celui de la
circulation sanguine) et la Terre, don de Dieu, comme unique source de
richesse. Dans la pensée physiocrate, l'individu n'est pas considéré en tant
que tel mais comme membre d'une classe (la classe productive, stérile ou des
propriétaires fonciers). Pour les physiocrates, il existe des lois divines,
parfaites, quirégissent les différents domaines du monde (les
fonctionnements du corps, de l'économie, de la société. suivent tous ces
lois naturelles). L'économie se reproduit alors à l'identique et le produit
de la terre sert exactement à la subsistance et à la reproduction des
individus.

Les physiocrates insistent (en vérité c'est le fondement de leur pensée) sur
le caractère divin et naturel dufonctionnement de l'économie. Qu'en est-il
chez SMITH?

"La richesse des nations" (1776) a été précédée de "Histoire de
l'Astronomie" (1756) et "Théorie des sentiments moraux" (1759). Dans
l"Histoire de l'Astronomie", SMITH s'interroge sur les règles qui régissent
le fonctionnement de l'univers et conclut à l'existence d'une "main
invisible", la main de Dieu, qui, du chaos des atomes, faitsortir l'ordre
de l'univers.

Dans "La richesse des nations", si à aucun moment SMITH n'évoque
explicitement le nom de Dieu pour expliquer l'harmonie de la société, la
référence n'en est pas moins évidente : l'essentiel de son raisonnement est
basé sur le fonctionnement de la main invisible, qui "du chaos des décisions
individuelles fait jaillir une société harmonieuse". Pour...
tracking img