Affaire omar raddad

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  • Publié le : 19 novembre 2010
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Affaire Omar Raddad

Une victime : Ghislaine Marchal, riche, veuve, sauvagement assassinée en 1991 dans sa villa des Alpes-Maritimes. Sur les lieux du drame, des inscriptions en lettres de sang: « Omar m'a tuer ». Le jardinier de la victime s'appelle... Omar Raddad.
Reconnu coupable, emprisonné pendant plus de 7 ans, puis gracié, il clame toujours son innocence...
Le dimanche 23 juin 1991,le corps de Ghislaine Marchal est retrouvé par les gendarmes dans la cave d'une dépendance de sa villa, sur les hauteurs de Mougins, dans les Alpes-Maritimes.
Pour accéder à la dépouille, les gendarmes doivent enfoncer une porte fermée de l'intérieur. Un tube métallique glissé sous l'ouverture et un lit pliant posé contre le battant en bloquent l'accès.
Dans la pièce, Ghislaine Marchal gît dansson sang. Le corps de l'héritière de la sociétéMarchal, équipementier automobile, porte des traces d'une rare violence : le crâne est fracassé, la gorge entaillée, un de ses doigts est sectionné, et le corps est transpercée de dix coups de couteau.
Sur la scène de crime, un premier message écrit sur la porte de la cave avec le sang de la victime: « Omar m'a tuer ». Une seconde phrase inachevée,presque illisible, « Omar m'a T », est retrouvée plus loin, sur une autre porte. Ghislaine Marchal a t-elle livré dans un dernier souffle, avec son sang, le nom de son assassin ?

Ces inscriptions lancent les enquêteurs sur les traces d'Omar Raddad. Depuis six ans, Ghislaine Marchal emploie ce jardinier marocain de 29 ans. Interpellé quatre jours après le meurtre, dans sa maison à Toulon, il estinculpé d'homicide volontaire et écroué à la maison d'arrêt de Grasse. Durant son interrogatoire, Omar Raddad n'a de cesse de clamer son innocence.

Les charges contre Omar Raddad sont lourdes. Au cours du procès qui se tient à la cour d'assises de Nice, deux experts en graphologie affirment que Ghislaine Marchal est bien l'auteur des inscriptions désignant le jardinier comme le meurtrier. Lesenquêteurs situent l'heure du crime entre 11h00 et 13h00. Or, l'alibi fourni par le jeune Marocain, au moment du drame, n'est pas confirmé par les témoins qu'il cite.
Pour l'accusation, Omar Raddad a un excellent mobile : ses difficultés financières. Le jardinier avoue un penchant pour les jeux d'argent. Il fréquenterait également des prostituées. Enfin, les enquêteurs affirment que le matin ducrime, l'accusé avait réclamé une avance sur salaire, refusée par la victime.

Jacques Vergès, ténor du barreau, est l'avocat d'Omar Raddad. Il affirme à la cour que le jeune Marocain est victime d'une mise en scène. Aucun indice, ni aucune trace de sang sur ses vêtements ne prouve la présence d'Omar Raddad sur les lieux du crime. Pour maître Vergès, le véritable meurtrier se serait servi de lamain de Ghislaine Marchal pour faire accuser le jardinier. Des éléments qui ne convainquent pas les jurés.
Le 2 février 1994, la cour d'assises de Nice condamne Omar Raddad à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Ghislaine Marchal.

Les médias se passionnent pour l'affaire Raddad. À l'issue du procès, maître Vergès prononce cette phrase: « Il y a 100 ans on condamnait un officier caril avait le tort d'être juif, aujourd'hui on condamne un jardinier car il a le tort d'être maghrébin. » Des intellectuels prennent fait et cause pour le jardinier et l'opinion publique est partagée.
Régulièrement, des enquêtes à charge ou à décharge paraissent sur le sujet. L'affaire prend une tournure internationale. Hassan II, le roi du Maroc, pays d'origine d'Omar Raddad, demande la clémencedu président Jacques Chirac. Ce dernier accorde une grâce présidentielle partielle le 10 mai 1996.

Omar Raddad est libéré le 4 septembre 1998 après avoir purgé une peine de 7 ans et 8 mois d'emprisonnement. Mais aux yeux de la justice, il reste coupable.

Près de 20 ans après sa condamnation, Omar Raddad clame toujours son innocence. L'ancien jardinier, réclame un second procès que la...
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