Affiche de propraguande durant la seconde guerre mondiale au canada

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  • Publié le : 17 octobre 2010
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La Première Guerre mondiale
9En 1914, le Canada se trouve précipité dans la guerre, à la suite du Royaume-Uni. Le Premier ministre, Robert Borden, sentant bien les problèmes qui pourraient se poser avec les francophones, promet de ne pas mettre en place la conscription et de recourir uniquement au système du volontariat.
10Avec la presse, les affiches vont constituer le principal moyen derecrutement des volontaires. Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, il n’existe pas au Canada d’organisme gouvernemental responsable de la production et du contrôle des affiches. Elles sont dues à des initiatives privées et locales et émanent le plus souvent de commandants de bataillons cherchant à lever leurs propres troupes, avec l’appui financier d’entreprises ou de riches particuliers.
* 5 L’argument est très clairement explicité sur le document n° 11.
11Les affiches de recrutement visent des populations bien ciblées, ethniquement mais aussi géographiquement, en demandant aux hommes de s’enrôler dans le bataillon de leur secteur pour être en compagnie de gens avec lesquels ils vivent au quotidien et qu’ils connaissent5. Il y aura donc des affiches s’adressant spécifiquement auxdifférentes communautés et comportant des signes de reconnaissance destinés aux populations qu’elles entendent toucher ; système qui bien évidemment va contribuer à accentuer les particularismes locaux ou/et ethniques et se montre peu propice à l’émergence d’une identité nationale.
Les affiches s’adressant aux anglophones
12Les affiches destinées aux anglophones font apparaître des référencesnationales claires, tel le slogan « Le sang britannique appelle le sang britannique » (doc. 1) ou encore l’uniforme des grenadiers de la Garde (doc. 2). Le recours à l’Union Jack est fréquent : « Ceci est ton drapeau – Combat pour lui » (doc. 3). Il est souvent utilisé comme toile de fond des affiches (docs. 4-7)6.
* 6  Sur le document n° 4, on reconnaît une reproduction de la célèbre affichebritannique montrant Lor(...)
13En revanche, le drapeau britannique est - assez logiquement - absent des affiches s’efforçant de convaincre les Canadiens d’origine irlandaise ou écossaise, en raison d’un passif historique lourd et des sentiments a priori peu favorables nourris par ces derniers à l’égard des Anglais.
* 7  On note cependant en bas de l’affiche n° 11 la devise « God save theKing ».
14Pour les Irlandais, on utilise soit le symbole national, le trèfle (sur lequel se superpose une feuille d’érable), soit la carte de l’Irlande (docs. 8 et 9) ; pour les Écossais, les « Kilties », le tartan tient lieu d’emblème (docs. 10 et 11)7.
Les affiches s’adressant aux francophones
15Les affiches placardées à destination des Canadiens francophones obéissent aux mêmes règles. Lesréférences à la France abondent. Elles peuvent prendre la forme du drapeau tricolore et du coq gaulois volant dans les plumes de l’aigle prussien (doc. 12), ou encore de l’uniforme du « poilu » (docs. 13 et 14). Sur ces affiches, sont mentionnés les noms « bien français » des officiers, appelés à commander les unités. L’intention est claire : les engagés resteront bien entre eux.
* 8  L’argumentation –assez peu persuasive – avancée sur l’affiche n° 17 s’efforce de mettre en avant(...)
16Le cas échéant, on n’hésite pas à exalter le passé militaire glorieux des Canadiens francophones (docs. 14 et 17), en rappelant par exemple le souvenir de Dollard des Ormeaux qui combattit les Iroquois en 16608, mais aussi - plus surprenant - celui des compagnons de Montcalm, vaincus par les Anglais dans lesplaines d’Abraham en 1759.
* 9  En octobre 1813, le colonel Charles-Michel de Salaberry et ses hommes arrêtèrent les troupes améri(...)
17Toutefois, quelques affiches – plus ambiguës – entendent mêler les références à la France et à l’Angleterre, voire mettre en avant la nécessité de défendre l’humanité, menacée par les Allemands (docs. 15 et 16). L’une d’elles (doc. 16) exhorte à prendre...
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