Aimer est ce naturel

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 10 (2409 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 3 décembre 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Aimer, est-ce naturel ?

ÉTAT DE NATURE Opposé à "état civil", l'état de nature désigne chez Rousseau, Locke ou Hobbes, la situation de l'homme antérieurement à toute société organisée. Il n'est pas nécessaire de penser que l'état de nature a réellement existé; c'est une hypothèse propre à déduire certaines caractéristiques de l'état social, et en particulier la nécessité du contrat.

-Lanature comme origine et comme valeur Cependant, n'y a-t-il pas une certaine présomption à croire que la nature est ainsi en notre pouvoir? En dépit de l'optimisme des Lumières*, Jean-Jacques Rousseau* estime que la domination de la nature n'augmente pas notre bonheur* et notre liberté*. En effet, pour lui, la nature n'est pas seulement la matière et l'étendue qui s'offrent à la compréhension d'unesprit rationnel. L'homme, par son ingéniosité et son travail, l'a transformée au point de la rendre méconnaissable. L'homme lui-même et ses facultés n'échappent pas à ce processus de transformation. Comme notre corps* ne peut plus se satisfaire de la simplicité des origines, nos désirs* nous éloignent des vrais besoins et notre amour-propre nous conduit à bannir l'égalité de notre vie sociale:loin de considérer que les lois de la société ou de l'économie sont naturelles, contrairement à certains de ses contemporains, Rousseau fait de la nature une notion critique: origine perdue mais que la raison* peut reconstituer, elle est le modèle au nom duquel les errements des individus et de la société peuvent être dénoncés. Ainsi la pitié*, sentiment spontané de sympathie envers la souffrance,est-il une trace de l'origine qui se manifeste de façon spontanée, mais aussi un caractère fondamental de l'homme, qui résiste à l'habitude, issue de l'histoire*, de supporter la vue de la pauvreté par exemple. Lucrèce* disait déjà que la connaissance de la nature devait nous permettre la connaissance de la réalité même, par opposition aux chimères issues de notre esprit trop prompt à croirequ'il existe des forces surnaturelles. Elle libère dans la mesure où elle nous approche de la réalité. Actuellement, la réflexion issue de l'écologie*, comme étude des équilibres naturels, nous rappelle que la connaissance de la nature ne nous donne pas seulement la conscience du pouvoir de l'homme, mais aussi celle de ses limites (cf. Hans Jonas).

ROUSSEAU
-La généalogie du mal: état de natureet état social "Je vois le mal sur la terre", dit, dans l'_Émile*_. le Vicaire savoyard. Le mal, c'est la servitude, l'arbitraire politique, l'hypocrisie sociale, l'artifice et les calculs égoïstes: c'est l'amour-propre*, que Rousseau distingue de l'amour de soi*, souci naturel qu'a l'homme de sa conservation; c'est la domination des passions* funestes à l'homme, le pouvoir, la gloire, l'argent...En somme, c'est l'homme séparé de lui-même et des autres, la perte de la transparence, et l'absence de communion entre les êtres. Ce constat concerne l'homme vivant en société. Ce n'est pas là son état originel, mais le résultat d'une évolution au cours de laquelle il s'est dénaturé. Si Rousseau refuse le dogme du péché originel (l'homme n'est pas mauvais par nature), il n'accuse pas pour autantDieu: c'est l'homme lui-même qui s'est corrompu. Cette corruption relève de sa liberté. Aussi le bienheureux "état de nature*" précédant la vie en société n'est-il, dans le _Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes_ (1755), qu'une simple hypothèse nécessaire à montrer que le mal n'est pas inné. L'homme aurait tiré le mal de son innocence originelle -où, solitaireet indépendant, il ne connaît ni la morale, ni la raison- par sa seule perfectibilité*. Celle-ci n'est donc pas, comme chez Kant* ou Condorcet*, la source d'un progrès*, mais bien celle d'une dénaturation -dont la vie en société est le terme désastreux. L’homme a une tendance à l’agression
« Cette tendance à l'agression, que nous pouvons déceler en nous-mêmes et dont nous supposons à bon droit...
tracking img