Alain

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  • Publié le : 16 octobre 2010
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Dégagez l’intérêt philosophique de ce texte en procédant à son étude ordonnée

“Où donc est la justice ? En ceci que le jugement ne résulte point des forces, mais d’un libre débat, devant un arbitre qui n’a point d’intérêt dans le jeu. Cette condition suffit, et elle doit suffire parce que les conflits entre les droits sont obscurs et difficiles. Ce qui est juste, c’est d’accepterd’avance l’arbitrage; non pas l’arbitrage juste, mais l’arbitrage. L’acte juridique essentiel consiste en ceci que l’on renonce solennellement à soutenir son droit par la force. Ainsi ce n’est pas la paix qui est par le droit; car, par le droit, à cause des apparences du droit, et encore illuminées par les passions, c’est la guerre qui sera, la guerre sainte. Au contraire, c’est le droit qui serapar la paix, attendu que l’ordre du droit suppose une déclaration préalable de paix, avant l’arbitrage, pendant l’arbitrage et après l’arbitrage, et que l’on soit content ou non. Voilà ce que c’est qu’un homme pacifique. Mais l’homme dangereux est celui qui veut la paix par le droit, disant qu’il n’usera point de la force, et qu’il le jure, pourvu que son droit soit reconnu. Cela promet de beauxjours.”

Alain, Propos, Pléïade, I, p. 434.

RAPPELS DE METHODE

- l’introduction doit poser le problème du texte, en rapport avec la notion traitée, en justifiant cette question (dire pourquoi la question se pose)! On peut par exemple poser comme point de départ l’opinioncommune concernant le problème en question.
- il faut éviter par exemple de multiplier inutilement les questions dans une énumération: il y a toujours un problème central à partir duquel on peut enchaîner les questions

- il faut, au cours du développement, montrer l’unité du texte. C’est-à-dire que le texte traite une seule question, mais en passant par différentes étapes. Il ne s’agit pasd’expliquer ces étapes indépendamment les unes des autres! Il faut montrer au contraire comment chaque partie se rapporte à un problème unique.
- toujours rappeler quel passage on est en train d’expliquer, pour cela, soit indiquer les lignes lorsqu’il s’agit de phrases entières, soit citer le passage en question lorsqu’il s’agit d’une expression courte.
- commenter le texte, ce n’est pas le décrire.Proscrire les expressions du type “ensuite l’auteur dit que...”. Il y a une raison pour laquelle il passe à “autre chose”, et en fait, il ne passe même pas à “autre chose”: il continue son raisonnement, soit en précisant, soit en objectant!

PROBLEMATIQUE:
N.B.:La justice dont parle Alain, ce n’est pas la justice en général: c’est la justice du tribunal, l’appareil juridique.
Dans un procèsqui oppose deux parties en présence, il y aura forcément un gagnant et un perdant (justice distributive: exemple pour la division d’un héritage). Le problème, c’est qu’on ne voit pas comment estimer la justice d’un jugement rendu: les lois sont trop générales, il faut toujours les “appliquer” à un cas concret. Il y a deux critères possibles: invoquer un droit naturel (Calliclès ou Hobbes) ou aucontraire, s’en référer à son sentiment naturel de ce qui est juste ou injuste (conscience morale). Tout le monde est d’accord pour refuser le premier critère (cela revient au droit du plus fort). Mais est-ce que le second est forcément plus valable? En effet, on risque de se laisser aveugler par les intérêts qu’on a en jeu, confondre le droit et ce qu’on estime être son droit...

SCHEMA DECOMMENTAIRE:

introduction

L’ambiguïté de la notion de justice, c’est qu’elle peut avoir deux sens distincts. Elle peut désigner aussi bien l’institution judiciaire, les tribunaux chargés de rendre la justice, que la qualité morale, l’idéal de justice. Le problème, c’est que dans les faits, on ne peut pas ramener ces deux sens l’un à l’autre: on a trop souvent l’impression que les sentences...
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