Albert camus lecture analytique n°1

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  • Publié le : 5 juin 2011
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LECTURE ANALYTIQUE N°1 INCIPIT L'Etranger d'Albert Camus
I : Une écriture désincarnée.
1 : Première personne et temps de l'écriture.
L'Omniprésence du « je », peut faire penser à un texte Autobiographie, ainsi que l'emploi du passé composé, « j'ai pensé » donne l'impression d'une intériorité du personnage, soit d'une focalisation interne. Les marqueurs temporels« aujourd'hui » ; « hier » ;« demain » peuvent donner l'illusion d'un journal intime (==>rédigé chaques jours) Mais la logique narrative propre à ce genre n'est pas présente.
Un temps linéaire
Phrases très simples : sujet-verbe-complément et très courtes. « cela ne veut rien dire » ; « toujours à cause de l'habitude » « c'était vrai ».. Propositions placées de façon très classique : « Comme il était occupé, j'ai attenduun peu. ». Le temps est linéaire : « je prends le bus ». Meursault ne vit que dans l'instant présent. On a l'impression que Meursault n'a pas de passé et pas de futur. Le futur est seulement un futur proche qui se réduit à demain. On a l'impression que le narrateur ne peut ni se souvenir, ni se projeter.
Succession d'actions mécanisées
Une succession d'évènements très brefs!. Le temps s'organisepar une sucession d'actions, celles ci sont juxtaposées et rythment sa vie. Il vit au jour le jour. Abscence frappante de mots de liaison qui crée l'illusion d'une succession d'actions mécanisées. « l'asile est à deux km. J'ai fait le chemin à pied. J'ai voulu voir maman tout de suite. ». Le narateur utilise le passé composé (==> valeur du temps : aspect accompli) – c'est fini, j'avance, jepasse à autre chose.
→ Les évènements s'enchaînent dans la même linéarité et de manière mécanique.
2 : Absence de descriptions.
Absence de description = Source de malaise
Les personnages ne sont pas décrits. La mère décédée ne fait l'objet d'aucune description, alors qu'elle est au centre de la narration. Le parton, Céleste, Emmanuel, le concierge, le militaire sont réduits à leurs simplesprénoms ou fonction et à leur propos. Seul le directeur de l'asile est légèrement décrit. Les lieux ne pas non plus décrits, on sait seulement que l'action se passe à Alger . Donc les actions n'en prennent que plus d'importance car le récit se concentre sur leur enchaînement. La personnalité des personnages est passé sous silence, il n'y a aucun signe de psychologie.De plus on ne connait aucun traitsphysiques du héros, et on apprend son prénom que très tard dans le livre.Cette abscence de description réduit l'idée de réel.
Abscence de subjectivité
L'étude des temps et personnes conduit à parler de focalisation interne ( chaque événement est vu à travers les yeux du narrateur ). Cependant, l'absence de description s'accompagne d'absence totale de subjectivité, d'implication personnelle deMeursault. Il ne prend ps de recul ni pour réfléchir, ni pour regarder le monde. Le monde il le voit seulement par des perceptions. Il exprime sa pensée et ses choix, mais sans jamais s'impliquer de façon affective. « J'ai dis oui pour ne plus avoir à parler ». On ne sait pas pourquoi il ne veut pas parler. Peut etre n'aime t il pas parler, qu'il est triste, fatigué, qu'il s'ennuie ou peut etreparce qu'il n'a rien à dire? Ou peut etre parce que son attitude doit etre formelle du fait qu'il est en deuil. Il doit ainsi adopter un comportement un peu fermé. Le lecteur est donc amené à formuler lui-même des interprétations. Meursault donne une impression de neutralité totale ou encore qu'il se fiche bien de la mort de sa mère et du reste.
Aucune implication du héros
Au final une impressionque le héros ne s'implique jamais dans sa narration, tout est raconté sur le même ton. Tout est mis sur le meme plan : « ma mère est morte » et « j'ai pris le bus ». Pas de passé, pas d'avenir. Ecriture très simple avec peu de subordonnés, et d'adjectifs qualificatifs (peu de description). Les éléments s'enchainent sans liens logiques. Tout est monotone.
La narration est plate, machinale...
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