Alerte sur la banque de detail

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NOVEMBRE 2007

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Alerte sur la banque de détail
> Raffa Elhafi, associé Atos Consulting France

POINT DE VUE
BOUSCULÉE PAR LA NOUVELLE DONNE SOCIÉTALE, TECHNOLOGIQUE ET RÉGLEMENTAIRE QUI FAVORISE L’ÉMERGENCE DE NOUVEAUX ACTEURS, LA BANQUE TRADITIONNELLE DOIT FAIRE SA RÉVOLUTION.

Alerte sur la banque de détail
> Raffa Elhafi
a banque de détail est soumise à de profondschangements. On observe depuis deux à trois ans que la croissance du produit net bancaire (PNB) de la banque de détail est en perte de vitesse sur le marché domestique. Alors que le PNB total des banques augmente de 9 à 10 % par an, celui des activités de détail sur le marché domestique n’est que de 4 à 5 %. Trois facteurs peuvent expliquer cette situation : l’intensification de la concurrence et soncorollaire en termes de pression sur la tarification, la maturité croissante des consommateurs dans un contexte de changement réglementaire qui pousse à plus de transparence, et, plus grave peut-être, la fin du modèle de banque de détail généraliste. La scène française risque-t-elle bientôt de ressembler à une jungle, comme c’est le cas sur le marché britannique ? L’hypothèse qui sous-tend cetarticle est tout autre : fidèles à l’exception française, les banques sont parfaitement capables d’inventer un nouveau modèle qui réponde aux nouvelles habitudes consuméristes et aux nouvelles exigences de conseil.
L’Expansion Management Review

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Focus
Le modèle de la banque de détail généraliste est bousculé par les nouvelles technologies, la nouvelle donne sociétale et consumériste etl’évolution de la réglementation. Tous ces facteurs favorisent l’entrée en lice de nouveaux concurrents comme les courtiers en ligne qui prennent des parts de marché. Face à la menace de déstructuration de la relation bancaire, les banques à réseau ont des atouts, mais elles devront réinventer leur modèle pour pouvoir en tirer parti.
rations sur les dépôts à vue n’a pas encore eu lieu, la bataille selivre sur la rémunération des « super » livrets d’épargne fiscalisés, à l’initiative de spécialistes étrangers et d’acteurs en ligne qui sont venus concurrencer les banques de détail. Dans ce contexte, le consommateur, de plus en plus averti, n’est plus le client d’une seule banque (voir figure « La multibancarisation », page suivante). Plus généralement, les hausses de tarif successives etsystématiques réalisées dans les années passées ne constituent plus un levier utilisable pour la croissance. Car la satisfaction des clients s’est fortement dégradée. La plupart des banques ont dû mettre en place des programmes d’actions visant à s’ajuster aux prix moyens, et de fait les prix ont commencé à baisser. Mais la grande dispersion des niveaux de tarif pratiqués sur le marché (figure page 4) necontribue pas à apaiser les tensions.

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Tiré à part de

Un contexte de vive concurrence
Le ralentissement de la croissance du produit net bancaire de la banque de détail en France s’explique par une concurrence et une pression tarifaire accrues, notamment sur l’activité liée aux crédits immobiliers où les marges se sont très fortement resserrées. Sur le front de l’épargne, si la guerre desrémuné> Raffa Elhafi est associé d’Atos Consulting France, en charge
de la practice stratégie, marketing et réseau. Diplômé de HEC et fort de dix-sept années d’expérience dans le conseil, il a notamment accompagné de nombreuses directions d’entreprise à réseau dans la banque, l’assurance et l’automobile. raffa.elhafi@atos-consulting.com

Compétition entre banques traditionnelles. L’affrontementdes trois grands réseaux que sont la Banque postale, le Crédit agricole et les Caisses d’épargne est inévitable. Trois banques fondées sur des valeurs fortes :

Des turbulences réglementaires en perspective
eux changements majeurs concernent à court terme les banques. D’abord l’entrée en vigueur en novembre 2007 du code de bonne conduite sur la commercialisation des produits d’épargne...
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