Alexandre et les peuples d'asie chez quinte-curce

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  • Publié le : 19 mai 2010
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RICHER Cécile Master 1 : Lettres classiques

Alexandre et les peuples d’Asie

−Leçon−

« Perpetuam eum regni sedem in Asia habiturum » (X, II, §12) : les soldats pensaient qu’«Alexandre fixerait pour toujours la capitale de saroyaume en Asie ». On peut deviner, au travers de cette courte citation qui apparaît presque à la fin de l’œuvre de Quinte-Curce, le parcours accompli par Alexandre et ses soldats dans leur entreprise de conquête : il semble que l’Asie tout entière soit passée sous sa domination et qu’il est choisi cette partie du monde comme étant la plus à-même de représenter son pouvoir. Mais comment laconquête de cet empire gigantesque a-t-il pu être possible ? L’histoire de cette longue conquête nous est racontée à travers les livres VIII, IX et X des Histoires de Quinte-Curce : l’auteur y retrace en particulier le parcours effectué par l’armée d’Alexandre, les batailles qu’ils ont livrées avec les peuples rencontrés et la manière dont Alexandre a su imposer son pouvoir aux populations vaincues.On constate donc que l’entreprise de conquête menée par Alexandre et ses troupes les a amenés inévitablement à entretenir des rapports constants avec les peuples qu’ils ont rencontrés sur leur chemin. On peut ainsi se demander quels types de rapports Alexandre a-t-il entretenu avec les populations locales ? S’il appert qu’il s’agissait avant tout de rapports belliqueux, qu’impliquentnécessairement une conquête et une logique de domination, ces populations n’ont constituées que des ennemis à abattre dans l’esprit de ce général ? Ces peuples si disparates et si nombreux ont-ils fait l’objet d’une seule et même stratégie de la part d’Alexandre ? Leur a-t-il réservé un sort différent ? Or, au fil de la lecture, on se rend compte que la stratégie adoptée par Alexandre à l’encontre de sespeuples fut toujours une mais s’est modifiée dans le temps : l’analyse de leurs rapports doit donc se faire de manière chronologique.
De la domination en effet, Alexandre est passé à une stratégie de collaboration et d’intégration, dans le but de maintenir la cohésion de cet immense empire. Mais jusqu’où cette intégration a-t-elle été poussée par Alexandre ? Il semble que le désir d’unempire universel est conduit Alexandre bien au-delà des seules ambitions militaires d’un général : Alexandre a peu à peu inversé le rapport de force avec les peuples soumis, pour en faire son meilleur appui et son entourage le plus proche, devenant ainsi l’un des tyrans orientaux qu’il venait d’abattre et perdant son identité propre de Macédonien, pour adopter les mœurs et les travers despopulations qu’il tenait sous son pouvoir. On pourra alors se demander si ces peuples ont eu une influence sur Alexandre et comment s’est-elle manifestée ? Quelles vision eux-mêmes ont eu de ce général et qu’elles stratégie ont-ils eu envers lui, s’il y en eut une ?
Nous pourrons ainsi étudier dans un premier temps la stratégie de conquête adoptée initialement par Alexandre à l’encontre despopulations rencontrées et la manière dont les réactions de celles-ci face aux attaques nous permettent de dresser un portrait-type du « Barbarus » ; nous verrons ensuite l’évolution de l’attitude d’Alexandre qui se traduit par un changement de stratégie envers ces peuples dont il a contracté les travers, ce qui n’est pas sans poser certains problèmes au sein de son armée ; enfin nous étudierons quellevision Quinte-Curce nous donne de ces peuples et quelle leçon nous donne-t-il de la manière dont Alexandre, en tant que général, se comporte à leur encontre : son ton souvent incisif et critique est à mettre en perspective avec l’histoire de Rome et ses rapports avec les barbares.

I- Une stratégie de conquête et de domination : l’armée macédonienne face aux Barbari

L’œuvre de...
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