algerie

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1236 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 10 janvier 2014
Lire le document complet
Aperçu du document
Étude de documents : Montrez que ces deux témoignages évoquent deux
mémoires de la torture pendant la guerre d’Algérie, qui, lorsqu’elles
ressurgissent en 2000, s’opposent.
Introduction (non exigible telle quelle)
Ces deux documents se répondent. Chacun évoque une mémoire de la torture : celle d’abord de Louisette Ighilarhiz
(document 1), jeune militante du FLN torturée par l’arméefrançaise, qui évoque ses souvenirs en juin 2000 ; celle ensuite de
521 officiers généraux de l’armée française (document 2) ayant servi pendant la guerre d’Algérie, qui publient en septembre
2000 un manifeste pour donner leur version des faits. Nous montrerons que ces deux témoignages révèlent des mémoires
parallèles de la torture pendant la guerre d’Algérie ; qui, lorsqu’elles ressurgissent en 2000,s’opposent.
Première partie (correspondant à la première partie du sujet)
D’abord, les deux témoignages révèlent des mémoires parallèles de la torture pendant la guerre d’Algérie.
- Plus de quarante ans après la signature des accords d’Evian, Louisette Ighilarhiz s’exprime sur les tortures qu’elle a subies à
Alger, au quartier général du Général Massu, en charge de la bataille d’Alger. Elle évoquela douleur physique (« le plus dur
était de s’habituer à la douleur »), la douleur psychologique, l’humiliation et la sensation de vulnérabilité provoquée par sa
nudité (« j’étais nue, toujours nue ») et l’arrestation de sa famille (« ils ont arrêté mes parents et presque tous mes frères et
soeurs », « ils ont pendu mon petit frère de trois ans […] devant [ma mère] »). Les mots sont difficilesà trouver pour évoquer la
vérité crûment, ainsi Louisette Ighilarihiz n’évoque pas clairement les viols qu’elle accuse le capitaine Graziani de lui avoir fait
subir. Cependant, tous les militaires français n’étaient pas des tortionnaires violents et pervers, Ighilarhiz le reconnaît
puisqu’elle distingue des donneurs d’ordre situés au plus haut (ici Massu et Bigeard), des exécutants, quiprenaient parfois du
plaisir à torturer (ici Graziani) et enfin des hommes qui se sont opposés à la torture, comme celui qui l’a sauvée, dont elle
cherche d’ailleurs en témoignant à retrouver la trace : un certain commandant Richaud. Plus de 45 ans après les faits, le
traumatisme de la torture est toujours présent et semble hanter Louisette Ighilarhiz qui se remémore ces scènes avec une
grandeprécision.
- Face à cette mémoire du traumatisme, le témoignage des 521 officiers généraux de l’armée française ayant servi en Algérie
témoigne d’une autre mémoire de la torture, celle de la justification d’un devoir accompli. Le terme de torture n’est jamais utilisé
par ces hauts gradés qui évoquent seulement de durs interrogatoires (ligne 6). Ces interrogatoires, dont les aspects concrets ne
sontpas décrits, étaient justifiés selon eux par le contexte de l’époque. Il fallait, pendant la bataille d’Alger notamment,
combattre et réduire à néant des « terroristes », les membres du FLN, qui « mutilaient et massacraient » pieds-noirs comme
Algériens. Ces terroristes sont associés par les officiers à des « marxistes-léninistes » prenant en otage la population civile.
Pour comprendre, il fautrevenir à la guerre d´Indochine : c’est dans son combat perdu contre les communistes du Vietminh que
Cned – 7HG00CTPA0113 2/4
l’armée française a puisé sa perception de la guerre révolutionnaire et des moyens de la combattre. Le discours de l´armée
consiste donc à assimiler le FLN à une subversion communiste et leur rébellion à une guerre révolutionnaire de type
indochinois. Ainsi, pourvaincre, la seule solution aurait été la torture et la punition des criminels par l’armée (exécutions
sommaires).
Seconde partie (correspondant à la seconde partie du sujet)
Ces deux témoignages parallèles, qui se répondent en miroir, sont également des mémoires fondamentalement contradictoires,
qui s’opposent.
- D’abord, des contradictions se font jour sur la nature de la population soumise...