Analyse claude simon

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 25 (6237 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 31 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
GUDELJ Frédérique

1e Master LLR

Lecture et analyse approfondie du chapitre IV, 17 mai 1940

1 de L’Acacia de Claude Simon

2 Une poétique de l’écriture cinématographique : Claude Simon, monteur de souvenirs

[pic]

1 Questions d’histoire de la littérature des dix-neuvième et vingtième siècles

1er Master Langues et littératures françaises et romanes
(Danielle Bajomée)2008-2009

[pic]
Table des matières

1. Introduction

2. L’impossibilité d’atteindre la vérité par la mémoire traumatique ou par la création

3. Une écriture du montage, la mémoire comme reconstitution subjective

3.1. Surdécoupage de la réalité

3.1.1. Un découpage en images
3.1.2. Un découpage sonore

3.2. Collage

Conclusion

4.Bibliographie

1. Introduction

Le Nouveau roman est le théâtre de nombreuses interférences entre littérature et cinéma, traduisant ainsi la préoccupation de l’œuvre littéraire pour l’image dans la seconde moitié du vingtième siècle. La pseudo-école est, en effet, indissociable du principe du ciné-roman, principalement exploré par Robbe-Grillet et l’on sait aussi la préoccupation pour le cinéma deDuras, sa volonté d’élaborer des textes « porteurs d’images ». La passion de Beckett était claire, bien qu’il ne l’ait concrétisée qu’à une seule reprise dans un film, et il ne manque pas d’autres exemples. Muriel Plana, lorsqu’elle évoque Claude Simon dans son ouvrage intitulé Roman, théâtre, cinéma, parle de « cinétisation » du roman.
La préoccupation du champ littéraire pour le visuel n’arien d’étonnant puisque le vingtième fut souvent considéré comme le « siècle de l’image ». Cependant, selon Vincent Amiel, il serait plus juste encore de mettre en avant la prédilection de l’époque pour les « associations d’images » [1]. Au fil du temps et des évolutions technologiques, le cinéma, la télévision, la publicité, la bande dessinée, etc. se sont parfois tournés vers une culture duregard éclaté, morcelé sur l’univers qui nous entoure. La représentation opposa donc souvent rupture à continuité, conscience de la fuite de la réalité à illusion du réel… Cette illusion mimétique, point de mire des monteurs du cinéma classique et de nombreux romanciers au fil de l’histoire littéraire fut remise en question à de nombreuses reprises durant le vingtième siècle. Cette réalité dont l’accèsse dérobe sous nos pas obnubila une multitude d’auteurs et de réalisateurs… Parmi eux, Claude Simon semble tenir une place de choix. Non seulement le film, la caméra, la photo ou encore la pellicule sont tant de thématiques exploitées par Simon dans ses romans mais la question de la mimesis est intrinsèque à l’Acacia. La mémoire, les lieux et le temps sont fragmentés. Les images se succèdent ets’enchaînent de telle façon que le tissage textuel suscite la comparaison entre écriture textuelle et écriture filmique. En effet, nous postulons que le texte de Claude Simon est « monté » à l’instar d’un film.
Cependant, lorsqu’on parle de montage, du point de vue de l’histoire du cinéma, les grands noms qui apparaissent sont ceux de Truffaut, Eisenstein, Welles, Resnais ou encore Godard. Lemontage est en effet l’un des enjeux du cinéma moderne. Leur conception quant à ce dernier est autrement plus radicale que celle des réalisateurs plus traditionnels, qui cherchent l’illusion de la continuité temporelle et spatiale. En effet, dans les œuvres de ces réalisateurs dit de nouvelle esthétique, les images se heurtent, s’entrechoquent, se répondent, sans proposer le trajet d’un regard quiunifie. Avec eux, c’est dans le collage d’instants, de gestes, d’attitudes ou de situation dont le lien est sous-entendu, incongru, inattendu que la succession de plans naît. L’ouvrage dont il est question ici, L’Acacia dans son entièreté mais particulièrement ce chapitre IV, semble se situer entre rupture et continuité, comme les films du groupe Vertov, de Resnais, Godard, etc.
La partie de...
tracking img