Analyse critique

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  • Publié le : 9 décembre 2011
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Industries du disque, du cinéma, de la mode et même du livre, voici comment nous qualifions la culture de nos jours. La culture est une industrie, un commerce qui nous vendent un bien au même titre que toute autre industrie. Mais la culture est un bien particulier. Il s’agit en effet d’un bien symbolique, d’information et d’expérience (Ménard, 2008). Il n’est pas pour autant à l’abri des effetsgrandissants de la mondialisation. Afin que la culture puisse conserver son statut particulier et bénéficier d’une certaine protection, l’UNESCO a adopté, en octobre 2005, la convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. Des 154 États membres, 148 ont voté en accord avec la convention, 4 se sont abstenues et 2 s’y sont opposés. Parmi les États qui se sontopposés à cette convention, soulignons les États-Unis. Les États-Unis ont non seulement refusé d’adhérer à la convention, mais certaines de leurs stratégies confrontent carrément les fondements de cette convention. Par exemple, ils exercent des pressions à certains de leurs partenaires économiques menaçant de rompre leur accord libre-échange si ceux-ci ne réduisent pas leurs normes en matière deproduction nationale. Donc, dans un monde principalement mené par le profit la diversité culturelle est-elle réellement menacée par les effets de la mondialisation? Comment cela se traduit-il au Canada? Est-ce utopique de croire qu’une convention pourra vraiment préserver la diversité culturelle?

Si l’on en croit divers protagonistes québécois du milieu médiatique et politique, la diversitéculturelle est effectivement en danger. Michaëlle Jean, Gouverneure générale du Canada et ancienne journaliste acclamée, s’est adressée en 2009 au conseil exécutif de l’UNESCO. Son discours réaffirmait l’importance de la convention. Selon elle, la diversité culturelle est effectivement menacée par la logique commerciale des États (dans Dolbec, la Presse canadienne, 2009). Notons par exemple qu’unedes plus grandes puissances mondiales, les États-Unis, insiste sur l’absence de toutes conditions ou restrictions concernant le commerce électronique, un domaine dans lequel leur dominance dans la transmission de contenus par voie numérique représente une menace sérieuse et grandissante pour la diversité culturelle (Gagné, 2008).

En effet, plus une industrie est grande, plus elle a de moyens dediffusion. C’est notamment le cas pour l’industrie du cinéma où, pour s’assurer du succès d’un film on ne peut s’appuyer uniquement sur sa qualité, mais où les moyens de publicisation auront encore plus d’importance. Si l’on suit cette logique, il n’est pas étonnant que les États-Unis détiennent 85 % des parts de marché mondial de cette industrie. Cet État est celui qui investit le plus dans lapublicisation de ses mégas productions au détriment de ses films indépendants et des films provenant des autres pays (dans Brunet, La Presse, 2006).

En plus de l’industrie du cinéma, les industries de l’information, de la communication et du divertissement ont un rôle central dans l’économie des États-Unis et représentent un des secteurs d’exportation les plus profitables. Ceci étant dit, ils(les États-Unis) ne veulent absolument pas d’interférence au niveau du libre-échange puisque cela aura un impact éminent dans leur économie (Gagné, 2008).

Ici même, l’industrie culturelle subit des pressions économiques. En 2007, Québecor Média et Shaw communications, deux grands joueurs de l’industrie médiatique ont cessé de versé leurs cotisations au Fonds canadien de télévision (FCT) afin decontesté cette mesure de financement de la culture (dans Girard, La Presse, 2007). Bien que le gouvernement investisse des sommes substantielles en subvention pour ses deux entreprises, celles-ci ont aussi un poids important dans l’économie médiatique canadienne. En cessant de verser leurs cotisations, ils exercent un chantage de taille auprès du gouvernement qui doit d’une part défendre le...
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