Analyse de bodas de sangre

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  • Publié le : 27 mai 2010
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Analyse de Bodas de Sangre de Federico García Lorca |

Federico García Lorca (Fuente Vaqueros, 1898 - Viznar, 1936) est l’une des figures emblématiques de la littérature espagnole du début du XXe siècle. Membres du groupe de la « génération de 1927 », Lorca est un artiste multidisciplinaire – tantôt poète, tantôt dramaturge – il s’essaya également à la musique et au dessin.
Dans le cadrede ce travail, nous allons nous focaliser seulement sur le théâtre lorquien. En 1920, sa première pièce de théâtre, El Maleficio de la Mariposa, est un véritable échec, mais il ne se décourage pas car son drame patriotique, Mariana Pineda, (1927) lui permet de renouer avec un certain succès. En 1931, au sortir de la dictature de Primo Rivera, Lorca est nommé directeur de la Barraca, théâtreuniversitaire itinérante dont la mission est d’aller dans les régions reculées de l’Espagne afin de représenter des œuvres classiques espagnoles. La première tournée a lieu en 1932 et la troupe restera sous la direction de Lorca jusqu'en 1935. A la même époque, il compose sa trilogie théâtrale – Bodas de Sangre (1932), Yerma (1934), et La Casa de Bernarda Alba (1936) – dont le décor est justement cemilieu rural et populaire si cher à la Barraca. C’est précisément au premier volet de cette trilogie que nous allons nous intéresser en nous basant sur un article « Le Théâtre de García Lorca » publié en 1954 dans la revue littéraire « Indications ». Tout au long de ce travail, nous étudierons les trois principaux aspects de cette tragédie rurale: son coté réaliste, son coté tragique et enfin soncoté symbolique.
I. Une tragÉdie rÉaliste ou le théÂtre-vÉritÉ
Le théâtre de Federico García Lorca est souvent considéré comme un théâtre poétique ou lyrique mais il est également réaliste car Lorca s’inspire de faits authentiques et observe les choses simples de la vie quotidienne. Certains, comme Marcelle Auclair, qualifient son théâtre de théâtre-vérité car selon eux, Lorca dans son œuvredéveloppe une « conception du théâtre-vérité où les gens de sa terre vivraient leurs vrais drames, parleraient leur vrai langage, juteux, imagé. »
Pour écrire Bodas de Sangre, Lorca s’est inspiré d’un fait divers, « le crime de Níjar », publié en 1928 dans le quotidien ABC : une jeune femme, Francisca Cañada Morales, âgée d’une vingtaine d’année, avait quitté son futur mari, avant leur nuit denoce, pour un cousin germain dont elle était amoureuse. Mais cette escapade se termine par la mort de l’amant tué par le frère de la mariée. Cette dernière honteuse est condamnée à vivre avec la mort de son amant sur la conscience. Une histoire invraisemblable pour l’époque mais du pain béni pour Lorca. En effet dans Bodas, comme dans ce fait divers, la fiancée le jour de ces noces revoit son ancienfiancé Léonardo des Félix, famille ennemie de son futur mari. Et les deux amants, entrainés par leur passion, décident de filer le parfait amour et s’enfuient. Le futur mari poursuit Leonardo jusque dans la forêt où ces derniers meurent lors d’un duel. Quant à la fiancée, celle-ci rendre au village et pleure son amant. Les deux amants, guidés par la folie, tout en sachant quelle serait l’issue deleur histoire, ne sentent démunis face à la fatalité.
1. Un décor andalou
Le théâtre de García Lorca, tout comme sa poésie, est populaire et exprime sans cesse l’âme andalouse. Cet attrait pour le décor andalou n’est pas anodin car il est né en Andalousie dans un petit village près de Grenade. Il a vécu son enfance à la campagne et a travaillé les terres c’est pourquoi dans Bodas de sangre,cette « tragedia de compesinos », nous retrouvons cette atmosphère dense de sa campagne natale. Les personnages sont effectivement propriétaires de vignes ou de champs. Cette ruralité se fait également ressentir au niveau linguistique lors des échanges entre les personnages. Lorca use notamment d’un langage presque proverbial que l’on utilise fréquemment en Andalousie rurale :
Madre. Dios...
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