Analyse de la loreley d'apollinaire

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  • Publié le : 1 juillet 2010
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Commentaire de poème
La Loreley, Guillaume Apollinaire,

Bacharach est une ville proche d’une falaise sur la rive droite du Rhin connue depuis l’Antiquité. Elle est le sujet d’histoires fantastiques du Moyen Age. Apollinaire reprend la légende de cette femme-sorcière qui séduisait les marins qui en oubliant de naviguer dans les violents courants du Rhin allaient se briser sur les rochers, laLoreley. Ce poème est composé de 19 distiques qui abordent le thème de la puissance maléfique de l’amour qui conduit à la mort. Comment Apollinaire réutilise-t-il cette légende ? Comment par des jeux d’échos donne-t-il à ce thème une nouvelle profondeur ?

Ce poème serait un conte puisque le poème commence par une indication de lieu « À Bacharach », et débute comme un conte : « il y avait » quirenvoie à un temps passé. Sa musicalité pourrait faire penser à un chant populaire.

A la chanson populaire, Apollinaire emprunte les reprises plaintives comme « Mon cœur me fait si mal », répété trois fois. « Mon beau château », « il y avait une sorcière blonde » rappellent des refrains de chansons. Les rimes pour l'oreille plutôt que pour l'œil montrent peut-être la destination orale du poème.Les distiques, à rimes plates ou simples assonances font aussi penser à la chanson populaire ainsi que la simplicité du lexique et l'emploi de la forme dialoguée. De plus les nombreuses assonances et allitérations de ce poème lui confèrent une grande musicalité (vers 10, 11, 30, 31, 32)

Mais Apollinaire, reprenant un thème et des formes traditionnels, inscrit aussi ce texte dans la modernité ensupprimant toute ponctuation.
Au vers 2, l’expression « d’amour » est au centre du vers impair, ce qui permet d’insister sur le thème de la mort d’amour.
Ainsi le vers 20 « Mon cœur me fit Si mal du jour où il s'en alla » est composé de 13 syllabes et son rythme heurté évoque la souffrance et le sanglot. Le vers 26, allongé jusqu'à 17 syllabes traduit le grandissement surnaturel du personnageféminin.

Si l'on s'attache au portrait dressé par le poète, on s'aperçoit que l'apparence physique de la Loreley est réduite à sa chevelure et à son regard.

Les expressions évoquant sa chevelure montrent la blondeur en relation avec le soleil: « une sorcière blonde » (vers 1), « ses cheveux de soleil » (vers 38). « Là-haut le vent tordait ses cheveux déroulés » (vers 31) confirmel'affinité de la Loreley avec les éléments: l'air et le feu.

Un autre élément entre en jeu : les yeux (thématique importante chez Apollinaire). Il y a une gradation au niveau de la description des yeux : d’abord on parle pierreries (v. 5) ; ensuite ils ont maudits (v. 7) ; et enfin on les compare aux flammes (v. 9).
Enfin, la comparaison des yeux avec les astres ou le Rhin, aux vers 26 et 38,souligne le rapport de la Loreley avec la nature cosmique et avec l'eau.
Tout au long du poème, on insiste sur le fait que la malédiction peut se retourner conter elle et que le malheur va se changer en folie.

Pourtant, même liée avec le cosmos et les éléments, la Loreley d'Apollinaire n'est pas un personnage surnaturel comme les sirènes. Elle est plutôt une femme qui possède des pouvoirssurnaturels, une sorcière. Elle est liée à un lieu précis et à une époque, le Moyen-âge, évoquée par l'évêque qui juge, les flammes du bûcher, le couvent et les « chevaliers avec leurs lances »

Sur le plan moral, l'attitude et le comportement de sorcière ne sont pas confirmés: son pouvoir lui est étranger, elle l'exerce contre son gré. D'ailleurs, sa passivité est soulignée par le texte: « elle laissaitmourir d'amour », (vers2), « ceux qui m'ont regardée », (vers 10); elle marque son refus: « jetez, jetez aux flammes cette sorcellerie » dit-elle à l'évêque. Le démonstratif « cette » souligne l'horreur qu'elle éprouve pour son pouvoir de mort dont elle désire se purifier par les flammes du bûcher. Au lieu d'être une sorcière, elle semble elle-même ensorcelée: « mes yeux sont maudits » (vers 7);...
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