Analyse des conventions dramaturgiques dans "en attendant godot" de samuel beckett

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1036 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 23 mai 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
L’étude des conventions dramaturgiques

dans « En attendant Godot »
de Samuel Beckett

Introduction

V
éritable génie de l’écriture, Samuel Beckett a reçu le prix Nobel de littérature en 1969 pour l’ensemble de son œuvre. Vingt et un ans plus tôt, il finissait d’écrire « En attendant Godot », une pièce de théâtre décousue mettant en scène 4 vagabonds en quête d’un absolu indéfini. Commesi cela n’était pas déjà suffisamment ardu, il soumet les personnages à un manque de repères : l’espace, l’action et le temps ont été épurés au maximum.

L’espace

L
es uniques éléments décoratifs choisis par Beckett sont un arbre mort, qui renaîtra entre les premiers et seconds actes, et une pierre sur laquelle s’assied Estragon lorsque ses pieds deviennent douloureux. On sait par ailleursqu’une route de campagne passe « par là », c’est le chemin qu’empruntent Pozzo et Lucky.
Dans « En attendant Godot », l’espace dramatique est très important. Les lieux où Estragon et Vladimir passent leurs nuits ne sont pas décrits, cependant nous les imaginons sombres et hostiles. Ce sont des lieux qui font peur puisqu’on y bat Estragon.
L’espace scénique se trouve donc être un lieu rassurant,un lieu où les personnages sont en sécurité. Pourtant nous le percevons également clos, comme si les personnages y sont emprisonnés puisque justement les personnages ont peur d’en sortir. Beckett va jouer avec le fait que les acteurs ne peuvent quitter la scène, par exemple lorsqu’Estragon décide de s’enfuir, mais qu’il n’ira pas plus loin que « jusqu’au bord de la pente ». La pente n’est enréalité qu’une rampe d’accès à la scène depuis les coulisses, facilitant le transport des décors.

L’action

D
ans cette pièce se trouve une particularité encore rarement vue au théâtre avant Beckett : l’absence d’action. Une absence dans le sens où l’action est passive. Le titre apporte un premier élément qui le confirme : « En attendant Godot », l’attente est de caractère passif.
Puisqu’ilsattendent, les héros sont quelque part soumis à la volonté de Godot : seule l’arrivée de Godot peut permettre à une action conséquente de se dérouler. Vladimir et Estragon ne sont donc pas maîtres de leur destin. Chacune de leurs petites actions sont destinées à combler leur attente, mais aucune ne peut lui donner un sens. Aucun de leur actes ne peut modifier la situation, donner naissance à uneaction éminente.

Autrement dit, il n’y a ni action ni dénouement comme lors de pièces dites classiques, il ne se passe uniquement des actions éphémères qui n’ont aucun impact sur le déroulement de la pièce.
Beckett met accentue ces moindres actions qui n’apparaissent jamais dans les pièces de théâtre classiques. Enfiler ses chaussures, manger, faire ses exercices, … sont des activités quotidiennesqui ne trouvent aucune raison d’être dans une pièce habituelle. Alors que dans « En attendant Godot », elles sont étudiées à la loupe, faute de mieux, faute d’actions exceptionnelles.

Le temps

I
l est impossible de dater précisément l’action de la pièce, cependant nous savons que l’action se passe après 1889, puisque Vladimir suggère qu’ils auraient du sauter du haut de la Tour Eiffel, « en1900, parmi les premiers ». En réalité la Tour Eiffel a bien été construite en 1889, mais l’ignorance des deux vagabonds est tout à fait crédible.

Le passé lointain, de part ses indications géographiques précises et communes, offre un statut de personnages réels aux protagonistes, alors que le passé proche auquel il s’oppose est très abstrait : il est sans cesse remis en doute.
Le futur lui aune très faible portée dans le temps. Les deux seuls projets sont de vendre Lucky au marché pour Pozzo, et de se pendre pour Vladimir et Estragon. A noter qu’aucun des deux projets ne vont être exécutés.
Reste alors le présent qui semble s’étendre à l’infini à tellement l’attente est présente durant toute la pièce. Jean-Pierre Ryngaert utilise une image très parlante : l’attente de Godot,...
tracking img