Analyse des deux premiers sonnets de regrets, de du bellay

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  • Publié le : 4 janvier 2011
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Analyse des deux premiers sonnets des Regrets de Joachim Du Bellay

Joachim Du Bellay est particulièrement connu pour être l'un des membres les plus éminents de ce groupe constitué de poètes : La Pléiade. Ces sept-là semblent pour l'éternité unis par une certaine vision de la langue française. Voyons si cela est vrai.
Joachim Du Bellay a écrit ses Regrets après son retour d'un long voyage enItalie, et peu de temps avant sa mort. C'est donc sur la fin de sa vie qu'il rédige ce recueil, comme une confession.

L'étude des deux premiers sonnets va être révélatrice du ton qu'il va donner à son œuvre : Ces sonnets sont-ils posés comme le fondement d'une nouvelle poétique personnelle ?

Effectivement, Du Bellay y montre sa prise de distance avec la poétique "reconnue" de ses amis deLa Pléiade, et plaide pour une nouvelle poétique plus personnelle, sans grande ambition.

D'une poétique majeure…

Joachim Du Bellay, dès les premiers vers, va se mettre en opposition. Opposition à quoi ? A une autre façon de voir et de faire la poésie. Il va revenir sur le choix des thèmes propres aux anciens, sur leurs méthodes de travail. En cela, il va définir ce qu'il n'est plus.

Etque n'est-il plus ? Il met les choses très au clair : "Je ne veux point" en début des trois premiers vers. Cette anaphore prend beaucoup de place dans le quatrain, avec ce martellement répétitif assez lourd, dès les premiers mots. Ce refus déterminé est accentué par l'usage de l'alexandrin, un mètre assez long. Les césures à l'hémistiche sont respectées dans ce premier quatrain. Du Bellay posecette espèce d'enclume sur ce qu'il n'est plus, sur ce qu'il ne sera plus jamais. La page est tournée, il ne reviendra pas dessus. Il rejette toutes les thématiques qui symbolisaient son ancien attachement aux anciens : "la nature" (sonnet 1, v.1), "l'univers" (sonnet 1, v.2), "les abîmes couverts" (sonnet 1, v.3).
Il en va de même pour les sources mythiques. Le premier quatrain du second sonnetest consacré au mythe de l'Hélicon. Mythe qui donne à une source le pouvoir surnaturel d'offrir le don de la poésie à quiconque boira son eau. Plutôt que d'y boire, Du Bellay conseille de s'y plonger nu (sonnet 2, v.4). Plus que refuser les mythes si chers aux anciens (et à la Pléiade), il s'en amuse. Ce mythe n'est évidemment pas choisi au hasard puisqu'il parle de l'inspiration des poètes.
Il ya un premier parallélisme entre les deux premiers sonnets. Chacun de leur premier quatrain reprend les thématiques dont Du Bellay souhaite s'affranchir absolument.

Du Bellay s'éloigne bel et bien des images emblématiques qui avaient constitué la poétique des membres de la Pléiade, cette poésie philosophique et scientifique supposée aider à l'inspiration des poètes.

Le travail d'écritureest un autre problème que soulève Du Bellay. Là encore, il va se mettre en opposition avec ce que pratiquent ses amis de La Pléiade.
Il décrit le travail de création de ses amis comme un énorme travail, qui va petit à petit perdre de sa valeur. Tout d'abord, c'est un travail de bâtisseur : il faut tout d'abord "fouiller" (sonnet 1, v. 1), puis "chercher" (sonnet 1, v.2), et enfin "sonder" (sonnet1, v.3). La valeur sémantique des mots de césure est claire : c'est un travail de fouille peu flatteur que Du Bellay nous propose là. Le sein de la nature, l'esprit de l'univers, les abîmes couverts, l'architecture du ciel… Ces espaces vertigineux montrent bien le style élevé qui caractérise la poésie des majeurs.
Mais ce travail de bâtisseurs est bien vite tourné en dérision : il y afinalement un côté bien artificiel à tout ça : le choix du vocabulaire dans le premier sonnet, second tercet. Le champ lexical du soin du corps, mais du soin pour masquer, cacher les imperfections : ""peigner et friser" (sonnet 1, v. 12), "déguiser" (sonnet 1, v.13). Les poètes dont se détache Du Bellay ressemblent à des précieuses se maquillant pour faire illusion.
En plus d'être ridicule, ce travail...
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