Analyse du tableau d'antonio de pereda " el sueno del caballero"

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  • Publié le : 9 avril 2009
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ANALYSE DU TABLEAU D'ANTONIO DE PEREDA « EL SUEÑO DEL CABALLERO »

Antonio de Pereda y Salgado est né a Valladolid vers 1608. Après avoir été, dans sa ville natale, l'élève de Díaz del Valle, il entre dans l'atelier madrilène de Pedro de las Cuevas et bénéficie de la protection du président du Conseil de Castille Francisco de Tejada pour qui il aurait peint El Sueño del Caballero, une huilesur toile de 152x217 en 1650.
Grâce à l'appui de Velázquez, il peut participer à la décoration du Palacio del Buen Retiro en exécutant une fort estimable scène de bataille, El Socorro de Génova.
La mort de son deuxième protecteur, l'architecte Juan Bautista Crescenci, marquis de Torre, le prive définitivement des appuis si nécessaires à la Cour, et Philippe IV ne le nommera jamais « peintre duroi ». Parmi les nombreuses commandes qu'il réalise pour les couvents et les églises, on trouve de remarquables vanités, natures mortes allégoriques bien dans l'esprit du baroque. Antonio de Pereda meurt à Madrid en 1678.
Nous décrirons dans un premier temps le tableau, nous l'analyserons .

Chut ! Ne réveillons pas ce gentilhomme assoupi devant une table sur laquelle figure uneétonnante collection d'objets précieux. Profitant du sommeil du jeune homme, un ange silencieux déploie, à l'attention du spectateur, une banderole rédigée en latin.
L'axe médian du tableau qui passe par l'oeil gauche de l'ange et par la pointe du clocheton de l'horloge, détermine deux parties, ou mieux, deux mondes; Dans la partie de gauche, le regard oblique de l'ange nous invite à respecter le sommeildu dormeur, tandis que l'étirement du bandeau nous amène à contempler sur la droite les multiples éléments d'une nature morte. La tête blonde du messager céleste occupe le sommet d'un triangle qui fixe la composition de la toile. La base de ce triangle est formée par le rebord de la table. Son côté gauche suit la perspective du dossier du fauteuil, traverse la tête du chevalier pour rejoindre levisage de l'envoyé de Dieu. Quant au côté droit du triangle, il est signifié par le canon d'un mousquet qui émerge de l'amoncellement des objets.

La composition triangulaire de l'oeuvre est doublée par le jeu de trois tâches claires qui ne sont autres que trois « têtes ». De part et d'autre du visage de l'ange, deux étapes de la condition humaine, la jeunesse et la mort, se répondent comme surles plateaux d'une balance. Ainsi, passons-nous alternativement de l'un à l'autre de ces trois « états » : céleste, terrestre et léthal.

Dans un fauteuil clouté et tendu de tissu rouge, un chevalier richement vêtu est endormi. Tout chez ce personnage respire le luxe et la distinction sociale. Sa tenue est somptueuse : le velours noir de son pourpoint est rehaussé de diagonales de fils d'or etd'argent. La touche un peu vibratoire qui met en valeur les broderies, rappelle les coups de pinceaux mouchetés de plusieurs portraits de Philippe IV par Velasquez. Les larges rabats du col et les rebras des poignets sont ornés de dentelles en forme de dendrons. Enfin, un large feutre agrémenté de frémissantes plumes d'autruche dites « pleureuses » coiffent sa chevelure châtain. Alors que sa maindroite pend dans un abandon plein de grâce, son bras gauche soutient sa tête et l'empêche de rouler.

Contrastant avec la quiétude du dormeur, un ange vêtu d'une tunique grenat et bleue bordée de perles, a donc surgi derrière lui. Tout est légèreté dans l'envolée de cet être blond qui déploie largement ses ailes. Sa chevelure bouclée ondule dans l'air comme le voile de sa ceinture qui, depuisla taille, flotte au-dessus de sa tête en un tourbillon soyeux et mordoré. Tout en posant un regard bienveillant sur le dormeur, l'ange tient délicatement un phylactère ( rouleau de parchemin ou banderole sur lesquels sont inscrits des propos que les personnages peints ou sculptés sont sensés tenir). Au centre de la sentence latine qui signifie «  Il/ elle blesse sans répit, vole vite et tue »,...
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