Analyse filmique nosferatu murnau

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  • Publié le : 6 avril 2011
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Analyse filmique
Analyse de séquence : Nosferatu

Nosferatu est un film muet allemand réalisé en 1922 par Friedrich W. Murnau. Cette œuvre est la première adaptation du roman Dracula de Bram Stoker, bien qu’elle fut censurée. Ce film s’inscrit comme un des premiers films d’horreur, d’épouvante et comme un pionnier de ces genres et il est considéré comme un des plus grands chefs d’œuvre ducinéma expressionniste allemand. Ici, nous allons étudier une séquence du film qui s’étend de la 31ème minute et 48 secondes jusqu’à la 37ème et 34 secondes. A travers cette séquence, Murnau met en scène la peur et l’épouvante. On pourrait se demander alors par quels biais nous transmet-il et réalise-t-il cette peur, cette terreur ? Déjà, par un jeu d’acteurs et un cadrage clairement expressionniste,puis par un jeu de lumières, de couleurs et d’ombres et enfin par le montage.

En effet, Murnau, dans son rôle de metteur en scène, délivre son courant majeur, l’expressionisme. Tout d’abord, on peut observer que le comte d’Orlock, joué par Max Schreck, a une posture bien spécifique, il reste droit et fixé ce qui dégage de lui un sentiment d’anormalité, ces gestes sont assez lents, non naturels,et saccadés par moment, tout cela contribue à créer un effet de bizarrerie, cela coïncide avec le personnage du vampire, de Nosferatu, d’un être non humain. En revanche le jeu de Hutter, joué par Gustav Von Wangenheim, est quant à lui complètement surhumain, en effet ses gestes sont exagérés, ses sentiments sont exacerbés, ils ne sont plus psychologiques mais bien physiques, il incarne la peur.Enfin le jeu de Ellen, joué par Greta Schröder, incarne lui aussi la terreur, elle fait écho au personnage du comte, elle est transcendée par celui-ci, les yeux écarquillés et une posture droite. Aussi, les cadres et différents plans des acteurs peuvent être interprétés comme un sentiment de peur, par exemple on a un plan poitrine de Hutter lorsque qu’il vient de voir le comte, plan qui montre laterreur sur le visage de Hutter. Un autre plan aussi dans le bureau où le comte et Hutter se retrouve à la même hauteur par le biais de la chaise très haute du comte, bien qu’étant assis, les deux personnages se retrouvent à égal ce qui crée un sentiment d’anormalité. Ellen est attirée vers l’extérieur et marche sur la balustrade de son balcon avec les bras en l’air, ce cadre, dans ses lignes etsa composition, crée lui aussi un sentiment d’étrangeté, de peur comme celui de la photo de Ellen qui est placé dans un encadrement rond, symbolique de l’emprisonnement du personnage dans sa folie, son délire mais aussi de l’enfermement et du pouvoir de Nosferatu à disposer d’elle. De plus, le plan de Hutter qui rejoint son lit crée aussi un sentiment spécial, le cadre de son lit se renferme surlui, il est comme prisonnier de celui-ci, de plus son lit est assez petit pour lui ce qui rend l’image encore plus dynamique et choquante.

Murnau exprime aussi un sentiment de peur, d’étrange dans un jeu de couleurs et de lumières spéciales, en effet il utilise un plan au début de la séquence avec une vue sur le ciel et une colline avec des arbres avec une lumière en contre-jour qui crée uncontraste peu habituel et une lumière fantasmagorique. Aussi, on peut voir que Murnau crée des tons spécifiques pour chaque moment de la journée, un ton bleu pour la nuit, comme sur le plan d’extérieur de la fenêtre de la chambre de Hutter et aussi dans la chambre de Ellen, et un ton sépia pour les scènes de jours et d’intérieurs, ces tons donnent une image étrange qui participe à l’édification del’épouvante. On a aussi un jeu sur les ombres qui crée un instant de peur comme avec le plan de Hutter qui peu à peu se fait prendre dans l’ombre du comte et puis inversement. Ce phénomène fait écho aussi à l’intertitre du livre que Hutter feuillette où il est expliqué qu’il ne faut pas laisser l’ombre de Nosferatu vous prendre; le plan rapproché de l’horloge aussi qui laisse voir une ombre qui...
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