Analyse pratique

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  • Publié le : 28 novembre 2011
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Analyse de pratique 1

J’arrive pour mon 1er jour de stage dans le service de long séjour. Arrive l’heure de faire le tour des changes aux patients incontinents. Je tourne donc en binôme avec une aide soignante. Tout se passe sans problème, je rentre dans la chambre 224. Une patiente, Mme V. est allongée dans son lit couverte de nombreuses couvertures. Elle semble sereine, elle dort. C’estune femme très ridée, avec de petits yeux en amandes, elle est très maigre. L’aide soignante m’explique alors que cette patiente ne s’exprime plus et reste en permanence dans sa chambre. Nous effectuons son change avec beaucoup de délicatesse car du fait de sa maigreur, elle semble très fragile et j’avais le sentiment que le moindre mouvement trop brusque pourrait lui briser les os. Lors du soin,elle nous regardait, attentive, à tout ce que nous faisions. A la fin, je lui ai demandé si tout allait bien, elle ne m’a rien répondu, m’à juste regardé dans les yeux quelques secondes et m’a timidement sourit, j’ai compris qu’elle allait bien. Mme V. n’avait plus l’usage de la parole, mais elle arrivait à faire passer toutes ces émotions, ses envies, ses sentiments par l’expression de son visageet de ses yeux.
Les jours qui suivirent se passèrent de la même manière, elle était toujours aussi calme et douce, il lui arrivait même de sourire.
Puis un matin, lors de la distribution du petit déjeuner Mme V refusa de manger, elle n’avait plus le même regard. Elle hurlait de douleur dès que nous essayions de la changer de position. La toilette devenait un calvaire pour elle, et elle refusaittoute alimentation. Elle pleurait, hurlait mais personne ne comprenait pourquoi. Le moindre mouvement pour elle était devenu une souffrance. Ces cris étaient devenus insupportable pour moi, je me sentais impuissante devant elle. Je voyais dans ces yeux qu’elle voulait me dire quelque chose mais je ne comprenais pas quoi, elle serait ma main toujours plus fort mais je ne savais pas ce qu’elleattendait de moi. J’étais angoissée à l’idée de devoir lui effectuer ses soins d’hygiène mais j’essayais de ne rien laisser paraitre. Chacun de ses cris glaçaient tout le service. Refusant toujours toutes alimentations et prise de traitement, le médecin décida donc de la perfuser. Là encore, elle hurlait de douleur, la VVP se trouvait sur la main et le moindre mouvement de celle-ci la faisaithorriblement souffrir. Lors des transmissions, l’infirmière qui s’était entretenu avec le médecin, annonça que Mme V. était en fin de vie. Je ne comprenais pas comment elle avait pu changer aussi vite d’état, elle qui était si calme et sereine les 1er jours.
Les cris étaient si intenses et douloureux, aussi bien pour elle que pour moi, que je n’arrivais plus à aller la voir, j’essayais d’éviter cettechambre, car je ne savais plus quoi rien faire pour la soulager. Cette souffrance a duré plusieurs semaines, puis un patch de morphinique a été mis en place. Celui-ci à permis de soulager aussi bien Mme V, que sa famille et l’équipe soignante.
Elle avait enfin retrouvé sa sérénité, elle dormait beaucoup, mais ne souffrait plus. Les soins d’hygiène étaient redevenus un plaisir, même si je sentaisque Mme V. était plus faible chaque jour.
Elle ne réagissait plus du tout, elle dormait et ne se réveillait même plus lorsqu’on lui parlait ou la manipulait. Elle semblait être dans un semi coma, qui était du à la morphine administrée.
Un soir, à 19h, l’infirmier du service m’appela pour sonder Mme V. Je ne comprenais pas pourquoi, alors qu’elle était calme et allait mieux, nous allions luifaire subir ca, dotant plus que le médecin nous avait annoncé sa mort dans peu de temps. Il m’expliqua que c’était un sondage de confort car elle n’urinait plus normalement. Le sondage se passa bien, Mme V n’a pas du tout réagi, je pense et j’espère qu’elle ne s’est pas rendu compte de ce que nous faisions.
Elle est décédée le soir même à 22h, dans son sommeil.

Constat 1
« Mme V. n’avait plus...
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