Analyse d'un extrait de l'assommoir d'emile zola

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1167 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 28 avril 2009
Lire le document complet
Aperçu du document
Extrait de L'Assommoir de Zola, Chapitre XII :

Perdue dans la cohue du large trottoir, le long des petits platanes, Gervaise se sentait seule et abandonnée. Ces échappées d'avenues, tout là-bas, lui vidaient l'estomac davantage ; et dire que, parmi ce flot de monde, où il y avait pourtant des gens à leur aise, pas un chrétien ne devinait sa situation et ne lui glissait dix sous dans la main !Oui, c'était trop grand, c'était trop beau, sa tête tournait et ses jambes s'en allaient, sous ce pan démesuré de ciel gris, tendu au-dessus d'un si vaste espace. Le crépuscule avait cette sale couleur jaune des crépuscules parisiens, une couleur qui donne envie de mourir tout de suite, tellement la vie des rues semble laide. L'heure devenait louche, les lointains se brouillaient d'une teinteboueuse. Gervaise, déjà lasse, tombait justement en plein dans la rentrée des ouvriers. A cette heure, les dames en chapeau, les messieurs bien mis habitant les maisons neuves, étaient noyés au milieu du peuple, des processions d'hommes et de femmes encore blêmes de l'air vicié des ateliers. Le boulevard Magenta et la rue du Faubourg-Poissonnière en lâchaient des bandes, essoufflées de la montée. Dansle roulement plus assourdi des omnibus et des fiacres, parmi les haquets, les tapissières, les fardiers, qui rentraient vides et au galop, un pullulement toujours croissant de blouses et de bourgerons couvrait la chaussée.

L'analyse (Qui cherche à montrer l'inégalité sociale riche/pauvre) :

Ce texte est un extrait du roman L'Assommoir (1877) d'Émile Zola. C'est un texte de genre narratifet de registre réaliste, ainsi que pathétique. Nous avons trouvé cet extrait sur le site http://christian.mathis.club.fr/assommoir.html qui propose plusieurs extraits de l'Assommoir. Celui-ci est un extrait du Chapitre XII. Il raconte l'histoire de Gervaise Macquart (l'héroïne de l'Assommoir. Elle est boiteuse et, avec ses deux enfants, a suivi son amant Lantier à Paris. Mais il la quitte, elledevient blanchisseuse et se remarie avec Coupeau. Elle finit par sombrer dans l'alcool, avec son mari). Dans cet extrait, le narrateur raconte le mal-être de la jeune femme, par rapport à sa vie misérable, et sa fureur envers les gens aisés de la ville, qui ne remarque pas sa présence et qui ne viendront pas l'aider alors qu'elle est en train de mourir de faim. Les thèmes sont : les ravages dus à lamisère, la faim et l'alcoolisme. L' Assommoir a pour thèse les classes laborieuses, et veut montrer que, même si la société du dix-neuvième siècle permet une ascension sociale aux basses classes, il suffit d'un rien pour rechuter.

On ne sait pas vraiment si le narrateur est omniscient et qu'il joue à ne pas tout dire, ou bien si c'est un témoin qui se présentera plus tard, mais nous dironsdonc que c'est un narrateur externe, en focalisation interne sur Gervaise. Dans la première phrase de l'extrait « Perdue dans la cohue du large trottoir, le long des petits platanes, Gervaise se sentait seule et abandonnée », le narrateur est omniscient, mais dans « et dire que, parmi ce flot de monde, où il y avait pourtant des gens à leur aise, pas un chrétien ne devinait sa situation et ne luiglissait dix sous dans la main ! » on dirait que le narrateur parle à la place de Gervaise, c'est donc une focalisation interne sur Gervaise. Il n'y a aucun dialogue dans cet extrait.

La lutte des classes est montré dans cet extrait entre Gervaise, et les passants de la rue. En effet, on voit bien ici la misère dans laquelle Gervaise se trouve. On la décrit comme « perdue », « seule »,« abandonnée » et « lasse ». Elle n'a pas mangé depuis longtemps car on dit : «  Ces échappées d'avenues, tout là-bas, lui vidaient l'estomac davantage », d'avantage signifiant qu'elle a déjà le ventre vide mais que ce qu'elle voit tout là-bas le lui vide encore plus. On nous indique sa misérable situation et sa pauvreté : « pas un chrétien ne devinait sa situation et ne lui glissait dix sous dans la main...
tracking img