Andromaque acte iii scene 8

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  • Publié le : 5 octobre 2010
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RACINE, Andromaque
Acte III, scène 8

Plan : I) La puissance évocatrice de la parole
A. La reconstruction du souvenir
1) Les impératifs adressés à Céphise
2) La mise à distance
B. Les jeux de lumières (les notations visuelles)
C. Le registre pathétique

II) La crise tragique : une délibération suspendue
A. Les étapes de la délibération
1) Vers 13-14 : ne pas céder àPyrrhus
2) Vers 41 et 43 : " Allons trouver Pyrrhus "
3) Vers 52 : la décision finale
B. La lutte intérieure d'Andromaque
1) L'expression d'un désordre intérieur
2) Le dilemme tragique
C. La tentative pathétique d'Andromaque d'échapper au dilemme
1) Vers 33 à 36 : elle se fait l'avocate d'Astyanax auprès de Pyrrhus
2) Vers 44-45 : les doutes sur l'inhumanité dePyrrhus

La guerre de Troie oppose les Troyens aux Grecs.

Hélène, la femme d'un roi grec (Ménélas) est enlevée par Pâris, le fils de Priam…. Ménélas est furieux, il lance alors toute une armée grecque contre Troie, au côté de Pyrrhus, le fils d'Achille. Finalement, les Grecs l'emportent, grâce au cheval de Troie. Pendant le combat, Hector, un Troyen, est tué par Achille. Andromaque, la femmed'Hector, est donc veuve. De leur union était né Astyanax. Elle est prise en otage avec son fils, par Pyrrhus…

I) La puissance évocatrice de la parole

Des vers 1 à 15, Andromaque dresse un véritable tableau de la chute de Troie (par une tirade).

A. Les étapes de la délibération

1) Les impératifs adressés à Céphise

Ils sont adressés à Céphise dans le but de l'associer àcette évocation, ainsi que le spectateur (Cf. la double énonciation propre au discours théâtral).

Le public est présent dans la scène, car il se met dans le rôle de Céphise.

( Vers 1 et 7 : ils permettent d'associer Céphise et le public à ce que dit Andromaque ; les impératifs sont " songe ". L'impératif est répété avec insistance, et est en début de vers ; c'est une anaphore. Ici, ilfaut donner le sens plein à " songe " : pas seulement " penser à ", mais aussi " imaginer ", " rêver de ". Au vers 7, " songe " est mis en valeur par le parallélisme de construction (" aux cris ").

( Vers 3 : " se figurer " correspond à la représentation mentale d'un spectacle réel.

( Vers 9 : " se peindre ", évocation d'un tableau, d'une peinture. Son souvenir est revu comme unevéritable œuvre artistique. Cela rend la scène concrète, cela renforce l'horreur de celle-ci.

2) La mise à distance

Andromaque évoque cette scène avec distance, comme si elle voyait le tableau représenté devant elle :

( Vers 9 : elle parle d'elle-même à la 3ème personne du singulier, par le biais de son nom ; comme si elle était spectatrice, et qu'elle se voyait dans la scène.

( Vers10 à 12 : anaphore de l'adverbe " voilà " ; puis gradation : " enfin voilà ". C'est un adverbe qui permet de montrer ce que l'on voit… Elle met à distance cette évocation.

( Vers 11 : antiphrase (figure de rhétorique consistant à utiliser un mot (ou un groupe de mots) dans un sens opposé à ce qu’il signifie ordinairement, le plus souvent par ironie, quelquefois par superstition. Ex.: c’estmalin!) avec " exploits " ; Andromaque fait de l'ironie, car " exploits " et " couronner " sont des termes positifs. Cela montre qu'elle n'est pas prise dans l'action ; elle relit un événement passé, pour prendre du recul.

( Cette scène est une relecture, une reconstruction d'un événement passé qui montre qu'il ne peut être oublié.

B. Les jeux de lumières (les notations visuelles)La description du massacre est associée à des notations visuelles qui mettent en place un véritable tableau.

( Sur fond noir : vers 1-2 : " à cette nuit cruelle " et " une nuit éternelle ", presque en anaphore, ce qui renforce le fond noir ; + la rime en " –elle ", avec les 2 adjectifs. Il y a la personnification de la nuit, au vers 1, ce qui la rend plus inquiétante. L'adjectif "...
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