Anna gavalda

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  • Publié le : 29 avril 2011
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« Petites pratiques germanopratines » : la rencontre manquée

I) l’art du récit
a) l’oralité
- mise en scène d’une communication artificielle avec les interpellations au lecteur, on tend presque à mimer un dialogue avec « Je sais ce que vous allez me dire : « Mon Dieu, mais c’est d’un commun ma chérie ». » ou encore « Mais gardez vos réflexions pour vous » alors que c’est bien lanarratrice elle-même qui a anticipé et formulé ces éventuelles réflexions.
- Langage courant voire familier « quand on vous titille le cœur », « plutôt crever de me retourner » par exemple. L’auteur gomme au maximum les traits de ce qui se fait habituellement à l’écrit (élévation du niveau de langue notamment)
- Syntaxe simplifiée (phrases courtes, juxtaposées, peu de subordination, onallège le tout, tout est très français, très correct mais c’est tout de même un peu du parlé écrit : « Mourir pour la vitrine de chez Paule Ka. C’est délicieux. » (première phrase sans verbe conjugué). Pareil pour la ponctuation dont veut renforcer l’expressivité (donc on multiplie par trois les points d’exclamation « !!! »ou on superpose points d’exclamation et point d’interrogation et points desuspension « ?! …»)
Tout cela constitue les marques d’une forme de littérature contemporaine, littérature qui cherche à être proche des gens (malgré le parisianisme de cette première nouvelle, tout le monde se retrouve dans la légèreté de cette oralité). On mime la confidence, ton de la chronique, presque le ton de la conversation à bâtons rompus, un peu comme si on se retrouvait dans un caféavec une copine à se raconter nos histoires. Chronique vraisemblable et amusante, l’histoire de tout le monde malgré un ancrage spatio-temporel clair.
b) les allusions à des références communes
- sur la vie parisienne : complicité avec la lectrice parisienne sur les lieux branché etc mais en même temps il s’agit de clichés tellement connus que tout lecteur sait de quoi il retourne. Cesallusions servent d’ailleurs d’attaque à la nouvelle et donc au recueil en entier avec le titre « germanopratines » ( = de Saint-Germain des Près), puis la première phrase « Saint- Germain des Près ?!... » (quartier des éditeurs, des bobo, à l’époque c’était le quartier des poètes, des philosophes etc).Le snobisme y est de suite accolé « Mais c’est d’un commun, ma chérie, Sagan l’a fait bien avanttoi et tellllment mieux !» ; « chez Lipp ou aux Deux-magots » (lieux branchés du quartier dans lesquels on ne s’affiche pas n’importe comment) « Evidemment que non vous ne pouvez pas ». L’adverbe marque la complicité, lectrices et narratrice se comprennent sans avoir à épiloguer. « Nous étions du côté pair, le plus élégant » (snobisme à nouveau, et à nouveau pas de précision pour expliquerpourquoi : pas de description architecturale qu’un autre auteur se serait pressé de faire puisque c’était l’occasion et tout à fait à propos)…  « La rue des Saint-Pères » ici c’est amusant de noter que la narratrice va faire des précisions sur les meurs de la Parisienne « Précision : une Parisienne qui se respecte sur le boulevard Saint-Germain ne traverse jamais sur les lignes blanches quand l feu estrouge. Une Parisienne qui se respecte guette le flot des voitures et s’élance tout en sachant qu’elle prend un risque » Un fois de plus, le texte fait attention aux gens dans les lieux, pas aux lieux pour eux-mêmes ! Enfin toujours sur les individus et les codes « une fille mignonne et vive qui envoie des fax du côté de Saint-Germain- des- Près travaille dans l’édition, forcément » L’adverbe« forcément » fait écho au « évidemment » précédent. Ensuite description du « Chiquito » toujours par rapport à la population, clin d’œil à un inventaire de vie exemple celui des zingueurs qui n’est pas sans rappeler celui des ouvriers dans les oeuvres de ZOLA ! Cela nous renvoie au deuxième pan des allusions : les allusions littéraire.
- sur la littérature : les références à d’autres œuvres...
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