Annie ernaux, driss chraibi, pierre corneille

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  • Publié le : 5 octobre 2010
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La place (1940)
Annie Ernaux

d’Annie Ernaux.

Annie Ernaux passe son enfance et sa jeunesse à Yvetot, en Normandie. Née dans un milieu social modeste, de parents d’abord ouvriers, puis petits commerçants. Elle fait ses études à l’université de Rouen. Elle devient successivement institutrice, professeur certifiée, puis agrégée de lettres modernes. Au début des années 1970, elle enseigne aucollège d’Evire à Annecy. Elle se marie en 1964 avec un homme de la petite bourgeoisie. En 1984, elle obtient le prix Renaudot pour son ouvrage autobiographique, La Place. Ses ouvrages dissèquent l’ascension sociale de ses parents (La Place, La Honte), son adolescence (Ce qu’ils disent ou rien), son mariage (La Femme gelée), son avortement (L’Événement), la maladie d’Alzheimer de sa mère (Je nesuis pas sortie de ma nuit), puis la mort de sa mère (Une femme), et son cancer du sein (L’Usage de la photo, en collaboration avec Marc Marie). Elle écrit sur la langue du monde ouvrier et paysan normand qui a été le sien jusqu’à ses dix-huit ans.

La place
Dans ce roman biographique, Annie Ernaux nous parle de son père qui vient de mourir. Ce décès, survenu deux mois après son admission dansl’Éducation Nationnale, la bouleverse profondément. Elle réaliste soudain la distance qui s’était installée entre eux. À travers l’écriture, elle part donc à la recherche de ce père, d’abord paysan, puis ouvrier modeste, avant de réussir par maints sacrifices à devenir commerçant. Elle raconte avec pudeur ses hontes de jeune fille qui fréquente des milieux plus aisé; la simplicité de son foyer, maisqu’elle savait aimer et protéger. Dans des passages-clefs, elle décrit une position privilégiée, la vie de ses parents, surtout celle du père et les conséquences directes de la mort de ce dernier.

Les thèmes du récit
Une peinture sociale Le récit met en scène un monde : celui des petits commerçants de province, du début du siècle à la fin des années soixante. Ce monde a ses rites, ses habitudes,ses coutumes (la foi religieuse : « le signe de croix sur le pain, la messe...») Les habitudes du père sont évoquées à travers des objets dont la simplicité a valeur de symbole : « Pour manger, il ne se servait que de son Opinel… ». On se rend compte de l’évolution de cette société, de sa mutation à travers les mouvements de l’histoire. (guerre de 14-18, de 39-45...) ainsi qu’à travers latransformation de sa ville natale. La différence de culture Une distance culturelle s’établit entre elle et sa famille. Au fur et à mesure qu’elle progresse dans ses études, elle élargit sa culture et rejette la structure familiale. La rupture est très claire : « Tout ce que j’aimais me semblait péquenot ». Pour elle, son père incarne ces valeurs, d’où le conflit qui s’immisce entre eux : « Mon père estentré dans la catégorie des gens simples ou modestes ou braves gens. ». La fille et le père entrent sans cesse en conflit frontal, l’adolescente pense maîtriser le langage contrairement à son père. « Je croyais toujours avoir raison parce qu’il ne savait pas discuter ». On peut également observer une rupture de communication : « J’écris peut-être parce qu’on n’avait plus rien à se dire ». Ses parentsmanifestent une incompréhension face aux études de leur fille « Et toujours la peur ou peut-être le désir que je n’y arrive pas. », car pour eux les études n’ont jamais été une fin en soi. À la fin du livre, cette différence se transforme en gêne. Elle se sent intrue dans un monde qui était pourtant le sien.

Le complexe social Il justifie le titre du livre : « La place » cette place, c’estcelle qu’il faut trouver par rapport aux autres. Annie Ernaux ne trouve plus la sienne dans la maison, à partir du moment où sa curiosité intellectuelle la porte ailleurs. Son père lui fait un véritable complexe par rapport à sa place dans la société « la peur d’être déplacé, d’avoir honte ». Lui non plus ne trouve pas sa place dans un univers qui n’est pas le sien «la première classe du...
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