Anthologie de fables

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  • Publié le : 12 mai 2011
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Frech Cyril 1°ES²

Anthologie

Dans cette anthologie, nous étudierons les différentes fonctions de la poésie, puis nous associerons dans chacune d’elle un poème correspondant, appartenant chacun à une époque différente.

La poésie comme révélation
Au XVIème siècle, cette conception de la poésie domine, bien qu’ellese retrouve aussi, avec des différences, chez Hugo, Rimbaud et Breton. Durant cette période, certains poètes font de la poésie une sorte de religion. Pour eux, le poète est inspiré par une instance divine, il est un « élu », un génie, un voyant capable de lire l’avenir et de relier réel et spirituel, ainsi qu’un créateur de poèmes immortels.
Cette vision sacralisée de la poésie conduit parfoisà des poèmes accessibles à tous, où le poète pense être chargé d’éclairer les autres, et parfois à des poèmes ambitieux, réservés a une élite de lecteurs avertis.
Pour illustrer cette fonction de la poésie, nous allons maintenant analyser un poème de Victor Hugo, auteur du XIXème siècle considéré comme l’un des plus importants écrivains romantiques de la langue française, intitulé La fonction dupoète.
La Fonction de poète
Dieu le veut, dans les temps contraires,
Chacun travaille et chacun sert.
Malheur à qui dit à ses frères :
Je retourne dans le désert !
Malheur à qui prend ses sandales
Quand les haines et les scandales
Tourmentent le peuple agité !
Honte au penseur qui se mutile
Et s'en va, chanteur inutile,
Par la porte de la cité !

Le poète en des jours impies
Vientpréparer des jours meilleurs.
ll est l'homme des utopies,
Les pieds ici, les yeux ailleurs.
C'est lui qui sur toutes les têtes,
En tout temps, pareil aux prophètes,
Dans sa main, où tout peut tenir,
Doit, qu'on l'insulte ou qu'on le loue,
Comme une torche qu'il secoue,
Faire flamboyer l'avenir !

Il voit, quand les peuples végètent !
Ses rêves, toujours pleins d'amour,
Sont faits desombres que lui jettent
Les choses qui seront un jour.
On le raille. Qu'importe ! il pense.
Plus d'une âme inscrit en silence
Ce que la foule n'entend pas.
Il plaint ses contempteurs frivoles ;
Et maint faux sage à ses paroles
Rit tout haut et songe tout bas !

Peuples! écoutez le poète !
Ecoutez le rêveur sacré !
Dans votre nuit, sans lui complète,
Lui seul a le front éclairé.
Des tempsfuturs perçant les ombres,
Lui seul distingue en leurs flancs sombres
Le germe qui n'est pas éclos.
Homme, il est doux comme une femme.
Dieu parle à voix basse à son âme
Comme aux forêts et comme aux flots.

C'est lui qui, malgré les épines,
L'envie et la dérision,
Marche, courbé dans vos ruines,
Ramassant la tradition.
De la tradition féconde
Sort tout ce qui couvre le monde,
Toutce que le ciel peut bénir.
Toute idée, humaine ou divine,
Qui prend le passé pour racine,
A pour feuillage l'avenir.

Il rayonne! il jette sa flamme
Sur l'éternelle vérité !
Il la fait resplendir pour l'âme
D'une merveilleuse clarté.
Il inonde de sa lumière
Ville et désert, Louvre et chaumière,
Et les plaines et les hauteurs ;
A tous d'en haut il la dévoile;
Car la poésie est l'étoileQui mène à Dieu rois et pasteurs ! 
Victor Hugo, Les Rayons et les ombres

Dans ce texte didactique et solennel, l’auteur présente dans un premier temps le poète comme un prophète, un intermédiaire entre Dieu et les hommes.
Il le fait apparaître tout d’abord comme quelqu’un de différent des autres. En effet, il utilise l’anaphore du malheur et de la honte pour condamner les penseurs, qui nesont que d’ « inutiles chanteurs », et les verbes « retourne », « prend ses sandales » et « s’en va » pour condamner leur démission. Ensuite, Victor Hugo présente une le poète comme un élu, « Pareil aux prophètes». En effet, il est présent au début et à la fin de l’extrait : « Dieu le veut » / « Qui mène à Dieu ». L’emploi de verbes absolus tels que « voit » et « pense »,...
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