Anthologie paroles

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Anthologie

Poèmes de Jacques Prévert, Paroles

Sommaire

Jacques Prévert, dans son recueil de poésies Paroles, écrit beaucoup de poèmes engagés. Le nombre de poème ci-dessous ne sont qu’une partie des thèmes qu’ils dénoncent.

Jacques Prévert critique la guerre
-Barbara (p206)
-Quartier libre (p175)
-Chanson dans le sang (p102)

Jacques Prévert critique la religion
-Pater Noster(p58)
-Ecritures Saintes (p167)
-La brouette ou les grandes inventions (p161)

Jacques Prévert critique la famille
-Familiale (p88)
-La Lessive (p105)

Jacques Prévert critique la société
-L’Effort Humain (p97)
-Le Cancre (p63)
-Chasse à l’Enfant (p86)

Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Epanouie ravie ruisselanteSous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluieRuisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur lamer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuilterrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.


L’auteur dénonce la guerre dans ce poème, il éprouve des sentiments d’amour envers cette Barbara, qui mourra sous cette pluie debombardement, la mort gagne sur l’amour, ce qui met le personnage hors de lui, en s’exclamant « Quelle connerie la guerre ». Le texte fait référence aux bombardements de Brest pendant la seconde guerre mondiale.

Quartier libre
J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête
Alors
on ne salue plus
a demandé le commandant
Non
on ne salue plus
a répondu l'oiseau
Ahbon
excusez moi je croyais qu'on saluait
a dit le commandant
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper
a dit l'oiseau.

On voit ici que l’auteur est un antimilitaire, que l’armée a comme supérieur un oiseau en cage, la puissance de l’armée, désignée par un commandant, est aveugle, trompée par un simple oiseau posée sur la tête. Ici Prévert rabaisse l’armée, elle demande à s’excuserde mal diriger.
Chanson dans le sang

Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage... si monotone...
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie... la neige...
le grêle...le beau temps...
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres... ses jardins... ses maisons...
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent...
Elle elle s'en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent...
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