Anthologie poétique

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  • Publié le : 22 mars 2009
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ANTHOLOGIE POETIQUE

La Pléiade est un groupe d'auteurs né vers 1549, son but est de faire reculer le « Monstre Ignorance ». Les membres de La Pléiade cherchent à faire de la poésie dans leur langue, le français : « La poésie doit parler la langue du poète ». Cependant, ils remarquent alors que la langue est pauvre et décident de l'enrichir en inventant d'autres mots. Dans leurs poésies, lesauteurs abordent les quatre principaux thèmes de la poésie : l'amour, la mort, la fuite du temps et la nature. La Pléiade a partcipé au développement et à la standardisation du français et a joué un grand rôle dans l'oeuvre de « l'illustration de la langue française » et de la renaissance littéraire.

Ronsard (1524-1585) est page de beaucoup d'aristocrates mais une maladie grave le rend à moitiésourd donc il se consacre pleinement à la poésie. En 1544, il s'installe à Paris, il apprend sous l'influence de Jean Dorat qui est son maître au collège. Il fréquente des poètes, des humanistes, des clercs, des gens de cour et participe à l'activité de l'Académie de poésie et de musique. En 1558, il devient poète officiel de la cour, il prône un style savant.

Vu que tu es plus blanche

Vu quetu es plus blanche que le lis,
Qui t'a rougi ta lèvre vermeillette
D'un si beau teint ? Qui est-ce qui t'a mis
Sur ton beau sein cette couleur rougette ?

Qui t'a noirci les arcs de tes sourcils ?
Qui t'as bruni tes beaux yeux, ma maîtresse ?
Ô grand beauté remplie de soucis,
Ô grand beauté pleine de grand liesse !

Ô douce, belle, honnête cruauté,
Qui doucement me contraint de tesuivre,
Ô fière, ingrate et fâcheuse beauté,
Avec que toi je veux mourir et vivre.

Celui qui boit

Celui qui boit, comme a chanté Nicandre,
De l'Aconite, il a l'esprit troublé,
Tout ce qu'il voit lui semble estre doublé,
Et sur ses yeux la nuit se vient espandre.

Celui qui boit de l'amour à Cassandre,
Qui par ses yeux au coeur est écoulé,
Il perd raison, il devient afolé,
Cent foispour la Parque le vient prendre.

Mais la chaut vive, ou la rouille, ou le vin
Ou l'or fondu peuvent bien mettre fin
Au mal cruel que l'Aconite donne :

La mort sans plus a pouvoir de garir
Le coeur de ceux que Cassandre empoisonne,
Mais bien heureux qui peut ainsi mourir.

Du Bellay (1522-1560) s'intéresse aux lettres aprés une courte carrière militaire, il étudie la littérartue grecque aucollège Coqueret avec Jean Dorat comme maître. En 1553, Joachim Du Bellay va à Rome avec son cousin qui est evêque, il y compose ses plus beaux poèmes. De retour en France en 1557, il fait publier ses oeuvres et tente de s'imposer à la cour mais sans succès.

Les regrets

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage.
Ou comme celui-là qui conquit la Toison,
Et puis est retourné, pleind'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison.
Qui m'est une province et beaucoup davantage ?

Plus me plaît, le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,

Plus monLoire gaulois que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la douceur angevine.

Plainte

France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle.
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.

Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
Que ne me réponds-tumaintenant, ô cruelle ?
France, France, réponds à ma triste querelle !
Mais nul, sinon Echo, ne répond à ma voix.

Entre les loups cruels, j'erre parmi la plaine,
Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

Las! tes autres agneaux n'ont faute de pâture.
Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure,
Si ne suis-je pourtant le pire du...