Anthologie poetique

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Anthologie poétique




Le corbeau et le renard

maitre corbeau sur son arbre perchée
tenait en son bec un fromage
maitre renard par l'odeur alléché lui tint a peu près se langage
bonjour monsieur du corbeau que vous êtes joli que vous me semblez beau
sans mentir si votre ramage se rapporte a votre plumage
vous êtes le phoenix des hôtes de ces bois
a ces mots le corbeau ne se sentpas de joie il ouvre un large bec et laisse tomber sa proie
le renard s'en saisit et dit mon bon monsieur apprenez que chaque vit au dépends de celui qui l'écoute
cette leçon vaut bien un fromage sans doute
le corbeau honteux et confus jura mais un peu tard qu'on ne l'y prendrait plus
Jean de la Fontaine


Il pleure dans mon coeur

Il pleure dans mon coeur comme il pleut sur la villequelle est cette langueur
qui pénètre mon coeur ?
O bruit doux de la pluie
par terre et sur les toits
Pour un coeur qui s'ennuie,
O le chant de la pluie
Il pleure sans raisons
Dans ce coeur qui s'écoeure
Quoi! Nulle trahison?...
Ce deuil est sans raison
C'est bien la pire peine
de ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
mon coeur a tant de peine
Paul Verlaine



La montagne quiaccouche

une montagne en mal d'enfant
Jetait une clameur si haute
que chacun au bruit accourant
cru quelle accoucherait sans faute d'une cité plus grosse que Paris
elle accoucha d'une souris
Quand je pense a cette fable,
dont le récit est menteur
et le sens véritable
Je me figure un auteur
Qui dit: « je chanterait la guerre
Que firent les titans au maitre du tonnerre »
C'est promettrebeaucoup : mais qu'en sort il souvent?
Du vent
Jean de la fontaine


Sensations

Par les soirs bleus d'étés,J'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés,fouler l'herbe menue :
Rêveur,J'en sentirai la fraicheur à mes pieds
Je laisserai le vent baigner ma tête nue
Je ne parlerai pas, Je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin,bien loin,comme unbohémien,
Par la nature,heureux comme avec une femme.
Arthur Rimbaud


La musique

La musique souvent me prends comme une mer !
Vers ma pale étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets a la voile,
La poitrine en avant et les poumons gonflés,
Comme de la toile
J'escalade le dos des flots amoncelés
que la nuit me voile,
Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'unvaisseau qui souffre,
Le bon vent,la tempête et ses convulsions
Sur l'immense gouffre
Me bercent.D'autres fois,calme plat,grand miroir
De mon désespoir
Charles Baudelaire

Le rideau de ma voisine

Le rideau de ma voisine se soulève lentement.
Elle va,je l'imagine
Prendre l'air un moment.
On entr'ouvre la fenêtre:
Je sens mon coeur palpiter
Elle veut savoir peut-être
Si je suis aguetter
Mais hélas!Ce n'est qu'un rêve;
Ma voisine aime un lourdaud,
Et c'est le vent qui soulève
Le coin de son rideau.Alfred de Musset
La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le boeuf

Une grenouille vit un boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse s'étend,et s'enfle,et se travaille
Pour égaler l'animal en grosseur,Disant:regarder bien,ma soeur;
Est ce assez ? Dites moi;n'y suis je point encore?
Nenni .M'y voici donc?Point du tout.M'y voilà?
Vous n'en approchez point.La chétive Pécore
S'enfla si bien quelle creva.
Le Monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages:
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs
Tout marquis veut avoir des pages
Jean de laFontaine


Premier jour

Des draps blancs dans une armoire
Des draps rouges dans un lit
Un enfant dans sa mère
Sa mère dans les douleurs
Le père dans le couloir
Le couloir dans la maison
La maison dans la ville
La ville dans la nuit
La mort dans un cri
Et l'enfant dans la vie
Jacques Prévert

196
Cet homme autour duquel tourbillonnera longtemps ma sympathie compte parce que son...
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