Anthologie sur la guerre

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  • Publié le : 24 mai 2011
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J’ai choisi de vous présenter une anthologie sur la guerre, car c’est sujet récurrent et malheureusement toujours d’actualité. En effet nous sommes confrontés quotidiennement à des images, vidéos véhiculées par des médias ou internet.

Le poème était donc un des seuls supports permettant à l’auteur d’exprimer sa sensibilité sans artifice, au plus près de la réalité. Malgré les nouvellestechnologies, les mots sont toujours un outil indispensable pour exprimer ses sentiments les plus profonds.

La Guerre a toujours fait partie de l’Histoire et à maintes reprises elle a donné lieu à l’écriture de poèmes (engagés ou non) qui décrivent ou dénoncent l’horreur et la barbarie humaine.

Devant l’abondance de poèmes traitant de ce sujet, j’ai été contraint d’en sélectionner quelques-uns,que j’ai rassemblé dans ce dossier. J’ai essayé d’illustrer au plus près l’idée principale de chacun de ces textes que j’ai classé dans un ordre chronologique pour montrer que quelque soit le siècle, la Guerre reste le propre de l’Homme.

Victor HUGO   (1802-1885)

Depuis six mille ans la guerre
Depuis six mille ans la guerre
Plait aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faireLes étoiles et les fleurs.

Les conseils du ciel immense,
Du lys pur, du nid doré,
N'ôtent aucune démence
Du coeur de l'homme effaré.

Les carnages, les victoires,
Voilà notre grand amour ;
Et les multitudes noires
Ont pour grelot le tambour.

La gloire, sous ses chimères
Et sous ses chars triomphants,
Met toutes les pauvres mères
Et tous les petits enfants.

Notre bonheurest farouche ;
C'est de dire : Allons ! mourons !
Et c'est d'avoir à la bouche
La salive des clairons.

L'acier luit, les bivouacs fument ;
Pâles, nous nous déchaînons ;
Les sombres âmes s'allument
Aux lumières des canons.

Et cela pour des altesses
Qui, vous à peine enterrés,
Se feront des politesses
Pendant que vous pourrirez,

Et que, dans le champ funeste,
Les chacals et lesoiseaux,
Hideux, iront voir s'il reste
De la chair après vos os !

Aucun peuple ne tolère
Qu'un autre vive à côté ;
Et l'on souffle la colère
Dans notre imbécillité.

C'est un Russe ! Egorge, assomme.
Un Croate ! Feu roulant.
C'est juste. Pourquoi cet homme
Avait-il un habit blanc ?

Celui-ci, je le supprime
Et m'en vais, le coeur serein,
Puisqu'il a commis le crime
Denaître à droite du Rhin.

Rosbach ! Waterloo ! Vengeance !
L'homme, ivre d'un affreux bruit,
N'a plus d'autre intelligence
Que le massacre et la nuit.

On pourrait boire aux fontaines,
Prier dans l'ombre à genoux,
Aimer, songer sous les chênes ;
Tuer son frère est plus doux.

On se hache, on se harponne,
On court par monts et par vaux ;
L'épouvante se cramponne
Du poing aux crins deschevaux.

Et l'aube est là sur la plaine !
Oh ! j'admire, en vérité,
Qu'on puisse avoir de la haine
Quand l'alouette a chanté.

Le combat fantastique

Voilà deux Samouraïs, enlacés dans le sang,
Qui brûlent leurs paupières et tachent leurs peaux
De plaies, tranchant les chairs rompues jusque au noyau,
D’un éclair aiguisé comme un rasoir dormant.
Ils jurent, écoutez-les, en sedévorant,
Des paroles magiques lues sur les caveaux
De barons dévoués aux cultes ancestraux,
Avant que ne tombât, malgré leurs mains, le gant.
Sur le mur du clos, froissée, ne voyez-vous pas
Cette robe de soie qui palpite et qui bat
D’un cœur rompant le souffle aux ossements des yeux?
Or, si vous le vouliez, vous remarqueriez là,
Une femme à genoux, transpirant les grenats
D’un rosaire alourdipar les remous du feu.
Francis Etienne Sicard, Toiles d’étoiles, 1997
Le dormeur du val

C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est...
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