Anthologie

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1ere ST2S

Anthologie poétique

Paul Verlaine

Table de matiere

Pablo Picasso, Femme assise (Dora Maar), 1941

Mon rêve familier
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pourelle seule, hélas ! Cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexiondes voix chères qui se sont tues.

Poèmes saturniens/melancholia VI 1866

"Impression, soleil levant"
1873
48 x 63 cm - Huile sur toile
Musée Marmottan, Paris

Cette illustration est en rapport avec le titre du poème qui est « soleils couchants ». Un soleil levant équivaut à un soleil couchant.
Elle fait aussi référence au « aube affaiblie » qui est décrit dans ce texte.

Soleilscouchants
Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon cœur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants sur les grèves.

Les Trois Arbres, automne, Claude Monet 1891,huile sur toile 92 x 73 cm, Collection privée. Peupliers sur les berges de l’Epte près de Giverny.

Cette illustration montre bien la nature pendant la période de l’automne où toutes les feuilles mortes tombent des arbres.

Chanson d'automne
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je mesouviens
Des jours anciens
Et je pleure ;
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

65 - Pierre-Auguste Renoir - chemin montant dans les hautes herbes - 1876-1877

La chanson des ingénues
Nous sommes les Ingénues
Aux bandeaux plats, à l'œil bleu,
Qui vivons, presque inconnues,
Dans les romans qu'on lit peu.
Nous allons entrelacées,
Et lejour n'est pas plus pur
Que le fond de nos pensées,
Et nos rêves sont d'azur ;
Et nous courons par les prés
Et rions et babillons
Des aubes jusqu'aux vesprées,
Et chassons aux papillons ;
Et des chapeaux de bergères
Défendent notre fraîcheur
Et nos robes - si légères -
Sont d'une extrême blancheur ;
Les Richelieu, les Caussade
Et les chevaliers Faublas
Nous prodiguent les œillades,
Lessaluts et les "hélas !"
Mais en vain, et leurs mimiques
Se viennent casser le nez
Devant les plis ironiques
De nos jupons détournés ;
Et notre candeur se raille
Des imaginations
De ces raseurs de muraille,
Bien que parfois nous sentions
Battre nos cœurs sous nos mantes
À des penser clandestins,
En nous sachant les amantes
Futures des libertins.

Bal masque a l'Opera (Edouard Manet,1873)

Clair de lune
Votre âme est un paysage choisi
Que vont charmant masques et bergamasques
Jouant du luth et dansant et quasi
Tristes sous leurs déguisements fantasques.
Tout en chantant sur le mode mineur
L'amour vainqueur et la vie opportune
Ils n'ont pas l'air de croire à leur bonheur
Et leur chanson se mêle au clair de lune,
Au calme clair de lune triste et beau,
Qui fait rêverles oiseaux dans les arbres
Et sangloter d'extase les jets d'eau,
Les grands jets d'eau sveltes parmi les marbres.

Jeune fille à l'ombrelle tournée vers la gauche, (Essai de figure en plein air) Claude Monet, 1886, Musée d'Orsay Paris. Huile sur toile 131x88cm.

Les ingénus
Les hauts talons luttaient avec les longues jupes,
En sorte que, selon le terrain et le vent,
Parfois luisaient...
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