Anthologie

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 8 (1925 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 15 septembre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
LE DORMEUR DU VAL
C'est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil de la montagne fière,
Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pale dans son lit vert où la lumière pleut.
Lespieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.
Les parfums ne font plus frissonner sa narine;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit.
Arthur Rimbaud

Au court de ce poème on croit que l'homme dort tranquillement dans l'herbe. Ce n'est qu'à lafin qu'on découvre qu'il est mort, grâce à cette phrase "il a deux trous rouges au côté droit", ce qui signifie qu'il a été tué. On ne s'attend pas à cette chute à la première lecture, cependant on remarque quelques indices à travers le texte qui nous mène vers la vérité, tels que "un soldat jeune bouche ouverte"; "la nuque baignant"; "pale dans son lit"; "il a froid"; "la main sur la poitrine".J'ai choisi ce poème car l'auteur révèle brutalement la nature du sommeil du soldat.

Prosopopée D'ostende
Trois ans déjà passés, théâtre de la guerre,
J'exerce de deux chefs les funestes combats,
Et fais émerveiller tous les yeux de la terre,
De voir que le malheur ne m'ose mettre à bas.

A la merci du Ciel en ces rives je reste,
Où je souffre l'hiver froid à l'extrémité,
Lors que l'étérevient, il m'apporte la peste,
Et le glaive est le moins de ma calamité.

Tout ce dont la fortune afflige cette vie
Pêle-mêle assemblé, me presse tellement,
Que c'est parmi les miens être digne d'envie,
Que de pouvoir mourir d'une mort seulement.

Que tardez-vous, Destins, ceci n'est pas matière,
Qu'avecque tant de doute il faille décider :
Toute la question n'est que d'un cimetière,Prononcez librement qui le doit posséder.

François de MALHERBE (1555-1628)

Heureux celui qui peut longtemps suivre la guerre

Heureux celui qui peut longtemps suivre la guerre
Sans mort, ou sans blessure, ou sans longue prison !
Heureux qui longuement vit hors de sa maison
Sans dépendre son bien ou sans vendre sa terre !

Heureux qui peut en cour quelque faveur acquerre
Sans craintede l'envie ou de quelque traïson !
Heureux qui peut longtemps sans danger de poison
Jouir d'un chapeau rouge ou des clefs de saint Pierre !

Heureux qui sans péril peut la mer fréquenter !
Heureux qui sans procès le palais peut hanter !
Heureux qui peut sans mal vivre l'âge d'un homme !

Heureux qui sans souci peut garder son trésor,
Sa femme sans soupçon, et plus heureux encor
Qui a pusans peler vivre trois ans à Rome !

Joachim DU BELLAY (1522-1560)

Petit air (guerrier)

Ce me va hormis l'y taire
Que je sente du foyer
Un pantalon militaire
À ma jambe rougeoyer

L'invasion je la guette
Avec le vierge courroux
Tout juste de la baguette
Au gant blancs des tourlourous

Nue ou d'écorce tenace
Pas pour battre le Teuton
Mais comme une autre menace
Àla fin que me veut-on

De trancher ras cette ortie
Folle de la sympathie.
Mallarmé

Après la bataille (Victor Hugo)

Mon père, ce héros au sourire si doux,
Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous
Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,
Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,

Les champs couverts de morts sur qui tombait la nuit.
Il lui sembla dansl'ombre entendre un faible bruit,
C'était un espagnol de l'armée en déroute
Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,

Râlant, brisé, livide et mort plus qu'à moitié,
Et qui disait : A boire, à boire par pitié !
Mon père ému, tendit à son housard fidèle
Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,

Et dit : Tiens donne à boire à ce pauvre blessé
Tout à coup, au moment où le...
tracking img