Antologie

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  • Publié le : 7 novembre 2010
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Don Juan aux enfersQuand Don Juan descendit vers l'onde souterraine
Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon,
Un sombre mendiant, l'œil fier comme Antisthène,
D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron.

Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes,
Des femmes se tordaient sous le noir firmament,
Et, comme un grand troupeau de victimesoffertes,
Derrière lui traînaient un long mugissement.

Sganarelle en riant lui réclamait ses gages,
Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant
Montrait à tous les morts errant sur les rivages
Le fils audacieux qui railla son front blanc.

Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire,
Près de l'époux perfide et qui fut son amant,
Semblait lui réclamer un suprême sourire
Où brillâtla douceur de son premier serment.

Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre
Se tenait à la barre et coupait le flot noir,
Mais le calme héros, courbé sur sa rapière,
Regardait le sillage et ne daignait rien voir. |
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Baudelaire

J’ai choisi ce poèmecar, comme pour le châtiment de Tartufe de Rimbaud, il montre une autre vision d’un personnage connu, qui est ici Don Juan, et que nous avons évoqué lors de notre dernier commentaire composé.
Ici, Don Juan est à la fois noble et fourbe. Il est actif et obéit aux lois «il eut donné son obole à Charon». De plus «sa rapière» rappelle son statut de guerrier et de noble. Don juan ne prête aussi plusattention au passé, il «ne daignait rien voir» de ce qui se passe autour, ce qui peut être interprété comme de la lâcheté, il n’affronte pas ses actes, ou comme du courage, il arrive à ignorer les démons qui sévissent en Enfer. Ces démons sont représentés par les «femmes».Celles-ci sont comparées à des animaux «un grand troupeau» «mugissement», et plus particulièrement des serpents qui se«tordaient». Mais il reste «calme» et reste pour cela le «héros» de toujours. Cependant, il est aussi fourbe, c’est un «époux perfide» bien que son amante l’aime encore «réclamer un suprême sourire», il s’est aussi apparemment moqué de la vieillesse, donc de la sénilité de son père, «qui railla son front blanc».

Le châtiment de Tartufe
Tisonnant, tisonnant son cœur amoureux sous
Sa chaste robe noire,heureux, la main gantée,
Un jour qu'il s'en allait, effroyablement doux,
Jaune, bavant la foi de sa bouche édentée,

Un jour qu'il s'en allait, " Orémus ", - un Méchant
Le prit rudement par son oreille benoîte
Et lui jeta des mots affreux, en arrachant
Sa chaste robe noire autour de sa peau moite !

Châtiment !... Ses habits étaient déboutonnés,
Et le long chapelet des péchés pardonnésS'égrenant dans son cœur, Saint Tartufe était pâle !...

Donc, il se confessait, priait, avec un râle !
L'homme se contenta d'emporter ses rabats...
- Peuh ! Tartufe était nu du haut jusques en bas !
Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville. Son père, qui était capitaine d’infanterie, a participé à la campagned’Algérie, et a reçu pour cela la Légion d’Honneur. Il abandonne sa famille, qui est composé de 5 enfants et de sa femme Vitalie, lorsque Rimbaud a 7 ans. Il fait des études dans une institution, puis continue au collège. Il se remarque par sa prodigieuse précocité et remportera de nombreux prix d’excellence comme en littérature, et commence déjà a rédigé des poèmes en latin. En 1869, il remporte lesépreuves du Concours académique. Il se déclare d’abord comme poète, toujours à l’âge de 15 ans, puis décide de devenir journaliste à Paris. Pour cela, il va fuguer une première fois, ce qui va devenir une longue suite d’escapades, car Rimbaud a acquis un besoin presque maladif de marcher. Il entretient ensuite une liaison amoureuse avec Paul Verlaine. Après une dispute avec celui-ci, qui a...
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