Apollinaire "le brasier"

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  • Publié le : 30 juillet 2011
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GUILLAUME APOLLINAIRE, ALCOOLS
EXPLICATION DE TEXTE : « LE BRASIER »

INTRODUCTION

Le thème du phénix a toujours inspiré les poètes. Dans ce texte, extrait du recueil de Guillaume Apollinaire Alcools, nous assistons à une réécriture du mythe. En effet, nous pouvons voir que dans cette pièce, l’auteur jette son passé et ses amours dans un brasier afin de se séparer de choses douloureusespour mieux renaître à la vie et à l’amour.
Nous verrons donc dans un premier temps les relations complexes que le poète entretient avec son passé puis nous montrerons que le feu permet une nouvelle naissance du poète.

A – LES RELATIONS AVEC LE PASSE

a) Le rejet du passé

Le poème s’ouvre par le rejet du passé opéré par le poète. L’importance de ce rejet est marqué par la position du verbejeter qui apparaît dès le premier vers. De plus nous pouvons noter que le rejet est une action très personnelle du poète comme en témoigne la première personne. En outre cette action annonce un changement dans la vie du poète.
Si le passé est rejeté c’est parce qu’il équivaut à la mort comme le montre le quatrième vers de la deuxième strophe « Ce Passé ces têtes de morts ». L’absence deponctuation assimile encore plus fortement le passé à la mort. L’image des têtes de morts se précisera dans la suite du poème car l’auteur évoquera « Les têtes coupées qui [l’]acclament » (v. 18). Cette image crée chez le lecteur une impression de malaise car le poète développe des images morbides. L’amour est incarné dans ce texte par des têtes coupées et est donc connoté négativement. Nous pouvonspenser que les femmes ont été prises pour des astres comme le laisse entendre la métaphore du vers dix-neuf. De plus les femmes apparaissent comme des créatures impures car elles sont souillées par le sang. La violence de l’image marque la violence de la rupture opérée par le poète.
Enfin nous pouvons noter que le rejet du passé n’a pas pour but une projection dans le futur car le poète sembleindifférent à celui-ci comme nous pouvons le noter à la lecture du vers sept.

b) La nostalgie du passé

Si le passé semble rejeter par le poète dans ce texte, nous pouvons noter que cette action s’accompagne d’une certaine nostalgie.
En effet, il est possible tout d’abord de considérer la forme même du poème. Ce dernier est composé de cinq quintils d’octosyllabes rimés. Cette forme est éminemmentclassique. Nous pouvons donc en conclure que le poète est nostalgique du passé car il conserve une forme poétique ancienne. L’évolution personnelle se fera donc à partir d’une base ancienne.
En outre nous remarquons aussi dans la troisième strophe le regret exprimé par la poète qui se demande « Où sont ces têtes qu[‘il avait] / Où est le Dieu de [sa] jeunesse » (vers 11 et 12). Le regret est àla fois celui de l’amour et celui de la foi chrétienne, mais ce regret est aussitôt jeté dans le brasier car l’amour est devenu mauvais.
Enfin, nous pouvons considérer que la nostalgie apparaît aussi dans les références à la mythologie présentes dans le texte. Le poète fait allusion aux « centaures » qui sont des créatures mi-homme mi-cheval de la mythologie grecque. De plus le poète faitallusion à Amphion, le bâtisseur de Thèbes. Celui-ci aurait bâti les remparts de la ville grâce à la force du son de sa lyre qui faisait se mouvoir les pierres. Cette histoire n’est pas sans rappeler le mythe d’Orphée, poète musicien qui charmait tous les êtres grâce à sa lyre. La poésie est donc à travers ses références mythologiques une arme puissante qui peut changer le monde. Nous allons voir quele pouvoir de la poésie va ici permettre la renaissance du poète.

B- LE MYTHE DU PHENIX

a) Le feu purificateur

Le feu dans ce texte est un instrument de la purification du poète. C’est pourquoi il est connoté de façon très positive.
Tout d’abord nous pouvons remarquer que l’adjectif noble lui est associé dans le premier vers. Il fait aussi l’objet d’une adoration que l’on peut...
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