Appien d'Alexandrie

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Vers l'an 150, l'historien grec Appien d'Alexandrie écrit son Histoire des guerres civiles de
la République Romaine, seul récit historique continu de cette période. Le thème des guerres civiles
renvoie inéluctablement à celui de la violence dans la vie politique à Rome, c'est pourquoi Appien
établit dès le premier livre de son récit une explication chronologique de l'émergence de cetteviolence comme un moyen commun de règlement des désaccords politiques. Appien évoque en
effet les premiers temps de la République, durant lesquels nul n'avait recours à la violence pour
régler les altercations, puis raconte le processus d'émergence de la violence en politique, pour enfin
faire l'apologie du pouvoir dictatorial en invoquant l'histoire de Cornelius Sylla. En 150, Appien
relate cesfaits sous le règne de l'empereur Antonin le Pieux (138-161), un règne qui fut marqué par
un esprit de consolidation de l'Empire plutôt que de conquêtes extérieures. Cette volonté
personnelle de l'empereur se reflète dans l'apologie que fait Appien du pouvoir dictatorial qui se
base sur l'adoration et la consolidation du peuple autour d'une figure unique. Appien est cependant
éloigné desévènements qu'il relate par ses origines et son époque, mais il révèle ainsi son
attachement à un pouvoir de nature personnelle, tout en adoptant un regard critique quant au terme
du règne de Sylla.

Dans les premiers temps de la République Romaine, les désaccords politiques étaient
toujours réglés pacifiquement selon Appien ; de ce fait, il aurait régné sur la toute jeune République
une paix internependant plus de 3 siècles. En réalité, la naissance de la République raviva l'esprit
de revendications de ceux qu'on appelait les plébéiens, ce qui toutefois ne mena jamais à des
violences meurtrières. En ce temps, la République naissante se consolidait autour d'un esprit de
conquête, d'expansion de sa suprématie du fait de sa vocation conquérante. Mais cette vocation
n’empêchait pasl'instauration d'un climat de conflit social, entre les plébéiens et les patriciens ; en
effet, plèbe et patriciat s'affrontèrent précocement afin d'obtenir pour la première et de conserver
pour le second une place privilégiée dans le gouvernement de la Cité mais « ces altercations ne
dégénéraient point en guerre civile » bien qu'elles marquèrent pour longtemps la scène politique
d'une rivalité entreles citoyens privilégiés par l'ordre politique et les hommes exclus des
considérations de l'Etat. Cette rivalité entre plèbe et patriciat n'entraina donc jamais de guerre civile
au sens d'un affrontement entre des citoyens romains au sein de la République, mais signa les
prémices d'un climat de conflit social sans que forcément « l'égard et [le] respect que l'on se devait
les uns aux autres »ne soient conservés. De fait la frustration de la plèbe – toujours à l'écart et
inconsidérée dans le gouvernement de la Cité romaine – mena à une révolte plébéienne de grande
ampleur, poussant les patriciens au pouvoir à reconsidérer leurs positions vis-à-vis de la place du

peuple dans la gouvernance de Rome. Le règlement de cette première crise de la République
romaine, la sécession de laplèbe, se fit néanmoins par la violence en ce que les insurgés
constituaient un corps armé visiblement déterminé à faire valoir leur parole et leur légitimité.
Il est cependant vrai qu'aucun meurtre ne fut jamais commis au sein d'une assemblée politique avant
l'arrivée sur la scène politique de Tiberius et Caius Gracchus, deux frères appartenant à une grande
famille de la noblesse plébéienne,dont les ambitions réformatrices opérèrent un tournant dans la vie
politique romaine.

Le temps des innovations gracquiennes correspondent véritablement aux premières fissures
faites à l'ordre républicain, péniblement instauré depuis le Ve siècle avant J.-C. La ''crise des
Gracques'' marque en effet l'irruption de la violence dans la vie politique romaine : en 133 avant JC,
Tiberius...
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