Apprendre oui mais comment ?

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  • Publié le : 21 mai 2010
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L’EVALUATION, REGLES DU JEU. Des intentions aux outils

De Charles HADJI

Il n’est jamais innocent d’évaluer.

« Evaluer n’est pas peser un objet que l’on aurait pu isoler sur le plateau d’une balance, c’est apprécier un objet par rapport à autre chose que lui ». dit C.HADJI qui balaie donc d’emblée l’espoir de la note « vraie ».

« Quiconque évalue révèle son projet, ou celui que lui ontimposé ses préjugés, ses inquiétudes, son institution. En évaluant ce que je vois, je dis ce que je cherche et si je n’en suis pas conscient je ne peux prétendre être ce que l’on nomme aujourd’hui un acteur social » souligne Philippe Meirieu sans la préface de ce livre.

L’évaluation, tout le milieu enseignant en parle et s’accorde à dire qu’elle est importante (bien souvent plus pour certifierles compétences des élèves que pour évaluer leurs progrès).

L’IPMC, entre autres, propose des cadres spécifiques de formation et dresse donc implicitement une grille d’évaluation. Il nous faut pourtant cerner d’une manière plus fine ce dont on parle et tenter de tracer une frontière entre l’évaluation, ses buts, ses limites dans la pédagogie, et ce qu’elle n’est pas. Bref, s’entendre sur uneacceptation des notions qu’elle recouvre. Evaluer en vue de quoi, au nom de quoi, pour quoi, pour qui, comment ?

« L’évaluation, selon la forme qu’elle prend, fait partie intégrante de l’enseignement et n’en constitue pas un appendice ni le terme » nous dit C.HADJI.

L’auteur universitaire, philosophe, chercheur en sciences de l’éducation, tente de dresser une vision d’ensemble du conceptd’évaluation et des notions périphériques qu’il traverse (mesurer, interpréter, juger, apprécier, évaluer, critères, référents, représentations). Il explicite d’une manière claire les différentes philosophies de l’évaluateur, ses procédures – sans cacher son goût pour l’évaluation formatrice qui, selon lui, est la seule vraiment capable de servir l’apprentissage – puis il tente de proposer uneméthodologie du « bon évaluateur ».

Il est difficile de résumer une telle somme de travail, mais dressons cependant quelques jalons au sein de son livre :

- Nous confondons souvent l’observateur, le prescripteur et l’évaluateur (il a mis une cravate – tu dois mettre une cravate – quelle belle cravate) L’évaluateur est donc toujours en position d’intermédiaire, car il dépend de l’énoncé prescriptif dedépart (je ne peux apprécier les choses qu’à condition de savoir comment elles doivent être ou à quoi elles doivent ressembler) et il implique un jugement d’observateur.

- L’évaluateur produit un jugement qualitatif ou quantitatif qui est destiné à quelqu’un : l’évalué. C’est donc un discours destiné à être entendu, compris. C’est pour cela qu’après avoir défini les règles du jeu auquel onjoue, il faut nous assurer que ces règles soient bien comprises des différents acteurs en présence.

- S’agit-il de saisir la réalité telle qu’elle est, ou d’apprécier la réalité ? Lors d’un examen, au moment où l’on soumet l’élève à l’épreuve, on lui demande de ne plus bouger afin de faire une bonne photographie de ce qu’il est, photographie que l’on comparera au prototype de ce qu’il devraitêtre. L’évaluation procède donc par arrêt sur image, en figeant le processus d’apprentissage qui lui, est toujours dynamique. Cet arrêt est toujours nécessaire pour que l’on puisse effectuer une comparaison

Mais le photographe évaluateur, non seulement ne produit pas qu’un instantané – image d’un moment qui est loin de livrer toute la richesse et la complexité du mouvement figé par le cliché – maisdonne une vision particulière relative à l’objectif utilisé et à l’angle de prise de vue. C’est pourquoi l’image ne sera jamais objective. Elle en donnera pas des choses telles qu’elles sont, mais telles qu’on veut les voir, puisqu’il n’existe pas un point de vue de tous les points de vues.

Ainsi l’évaluation objective comme grandeur mesurable n’est qu’un mythe. C.HADJI souligne que...
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