Architecture et danse

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  • Publié le : 15 novembre 2011
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Dance and Civilization (French version) Maurice Béjart

Danser c’est avant tout communiquer, s’unir, rejoindre, parler à l’autre dans les profondeurs de son être. La danse est union, union de l’homme avec l’homme, de l’ homme avec le cosmos, de l’homme avec Dieu. Le langage parlé reste du domaine de l’illusion. Les mots, lorsque nous croyons les comprendre, nouscachent des images trompeuses, nous entraînent dans le labyrinthe toujours recommencé de la sémantique de Babel. Lorsque les hommes se mettent à parler longtemps, il y a plus souvent dispute qu’accord parfait. Et puis danser c’est parler le langage des animaux, communiquer avec les pierres, comprendre le chant de la mer, le souffle du vent, découvrir avec les étoiles, s’ approcher du trône même del’existence. C’est transcender totalement notre pauvre condition humaine pour participer intégralement à la vie profonde du cosmos. L’homme à l’aube de toute civilisation martèle furieusement le sol avec son pied nu. Le rythme prend vie, le son, l’espace la transe. L’union avec les forces invisibles, la Danse est née. En étudiant avec soin l’origine traditionnelle de toutes les cultures, on trouvetoujours la danse et sous ces deux aspects différents et complémentaires. 1) Le danseur solitaire: Le prêtre, le chaman, l’initié, il porte en lui toutes les forces premières de son groupe ethnique, de sa tribu, de son village, il entre par sa danse en communication avec la divinité, avec l’essence, avec l’Etre. Il est l’intermédiaire entre le Dieu et les humains. La danse sacrée est solitaire, c’estle prêtre ou la prêtresse qui représente l’humanité à laquelle il appartient et qui porte dans son rituel toute l’énergie du groupe, de la cité, de l’empire. 2) Le danseur dans un ensemble: Le sentiment profond d’appartenance au même groupe ethnique, économique, culturel, crée une danse où l’être humain s’affirme membre d’une communauté sociale unie par la même tradition. Nous découvrons ainsi lesdeux aspects de la danse dans sa direction originelle. 1

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La danse sacrée: L’homme seul en communication avec le divin, avec les forces de l’invisible. La danse sociale: Le groupement humain uni par tous les liens d’une même entité géographique et culturelle affirme son identité. Dans la danse, le pied donne l’énergie, le rythme, précède ou accompagne la musique (quin’est en vérité que l’accomplissement de la danse). La main exécute sa propre mélodie, fleur, papillon, flamme et, dans le cas de la danse sociale, la main épouse la main de l’autre, le groupe existe, union, ronde farandole, quadrille, “square dance”. Au milieu des années soixante, je partis pour un voyage en Inde. Depuis ma plus tendre enfance, ce continent, grâce à mon père, ne m’était pas plusinconnu ni lointain que telle ou telle ville de France qu’à l’époque notre manque de moyens, la guerre ou l’occupation allemande nous rendait inaccessible et quasi mythique−Et la Bhagavad Gîta était un de “mes livres” avec Molière, Nietzsche et Baudelaire. Je n’ai pas changé! L’Inde est en effet un sous-continent où se rencontrent tous les climats, toutes les races, toutes les religions, toutesles cultures, originales ou importées, et aller du Kerala aux Himalaya en passant par le Rajasthan, c’est comme bondir du sud marocain au tout petit Mont Blanc avec une escale dans ces îles tropicales magiques, où l’eau et la verdure entretiennent la moiteur de ces fleurs−fruits dont rêvent les navigateurs. Je partis donc pour un voyage en Inde, à la recherche de... Je voulais surtout rencontrer unmaître de Yoga authentique (chose rare et cachée) et me laisser guider par lui dans cette voie inconnue et galvaudée. Grâce à des amis indiens vivant en Europe, j’avais un mot d’introduction pour un de ces hommes invisibles, non par magie mais parce que, contrairement aux “Gourous”, européanisés ou américanisés, ils sont des êtres comme tout un chacun, et rien, sinon la clairvoyance d’un...
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