Argent et malheur

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  • Publié le : 24 mai 2010
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De nos jours, l’argent est devenu un symbole du matérialisme social : c’est un élément vital pour tout Homme désirant vivre en société, ou du moins survivre. Dans notre société actuelle, l’argent se révèle être une des préoccupations majeures des individus. Pourquoi cherchons-nous à avoir de l’argent ? Est-ce un moteur inconditionné du bonheur ? La plupart du temps, le bonheur est défini commeétant une satisfaction absolue de tous nos désirs. Ainsi, assouvir tous ses désirs suppose de posséder assez d’argent pour acquérir tout ce que l’on veut. L’excès d’argent et donc de plaisirs et de jouissances mène souvent bien vite à l’ennui : avec l’argent nous pouvons posséder rapidement tout ce que l’on veut. Les chosent perdent bien vite de leur valeur et les hommes fortunés courent toujoursplus vers de nouvelles activités pour essayer de retrouver des sensations. Dans ce cas, la frontière entre bonheur et malheur est très perméable : l’argent est le moyen du malheur bien plus que celui du bonheur. L’argent suffit-il à être heureux ? Chacun de Zola dans L’Argent, Molière dans L’Avare, et Simmel dans La philosophie de l’Argent, souligne le rapport de l’homme à l’argent, et illustre bienle fait que l’argent engendre plus facilement le malheur de l’être que son bonheur. Certes l’argent est un des moyens d’accès au bonheur par l’acquisition de libertés individuelles. Toutefois, sa possession a des effets indéniables sur l’action humaine et est responsable du développement de certains traits de caractères traduisant une usure profonde de l’âme. Pour autant, l’argent peut se révélerêtre un des principal destructeurs des relations sociales.

L’argent, comme intermédiaire d’échanges et du fait de sa facilité de transport, à permis l’essor de la liberté des individus face aux choses mais aussi face aux personnes qui les entourent. Pouvant être converti constamment en objets de toutes sortes, l’argent permet donc à l’homme d’assouvir ses désirs et ses besoins, lui permettant enconséquence d’atteindre son bonheur. La vie d’Harpagon est centrée autour de sa casette. Son touché, son odeur, sa simple existence, installe en lui un état de plénitude que nulle autre chose ne peut permettre. Saccard lui trouve sa stabilité, son énergie, son inspiration dans le monde financier, dans l’univers de la Bourse. Le simple fait de rêver des millions qu’il pourrait acquérir le rendheureux et fédère sa vie. L’argent peut donc, par sa seule présence, donner aux hommes un sentiment de réconfort et de bonheur absolu. L’argent fait rêver, et permet aussi aux rêves de se réaliser. Bien que l’argent ait été originalement conçu pour favoriser les échanges au sein des sociétés, et permettre à tout un chacun de prendre son propre envol ; il est de nos jours un moyen qui définit lepouvoir et la place de dans un large groupe de personnes. Celui qui a l’argent peut imposer sa volonté à ses semblables. Il est écouté sinon entendu, craint à défaut d’être respecté. Certaines scènes de l’Avare traduisent bien l’image qu’une personne aisée peut avoir d’une autre ayant une situation financière moins aisée que la sienne. Ainsi, La Flèche utilise certains termes familiers pour désignerl’usurier : « Ma foi, Monsieur, ceux qui empruntent sont bien malheureux, et il faut essuyer d’étranges choses lorsque l’on est réduit à passer, comme vous par les mains des fesse-mathieux ». L’entreprise de ce genre de discours montre bien la distinction faite entre les riches et les pauvres. Simmel traduit cette idée dans son livre par l’emploi du terme « superadditums ». On observe par exemple unepratique économique et sociale très courante : on ne prête qu’aux riches.

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Si l’argent favorise la vie de certaines minorités, l’argent favorise aussi leur oppression : il est facile de mettre à nu un détenteur d’argent. Simmel souligne bien la fragilité de ce qu’il appelle « aristocratie de l’argent », en soulignant son exposition constante à un déclassement social. Au début de...
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