Arguments contre la peine de mort

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  • Publié le : 9 mars 2010
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Arguments contre la peine de mort


Des raisons de dire Non à la peine de mort :

- La peine de mort est une sentence irréversible, pourquoi prendre le risque d'une telle sentence alors que la justice n'est pas infaillible.

[Notre justice à nous, comme notre destin, est tâtonnement, trouble, erreur, nuage, doute ; martyr, je m'applaudis ; juge, je me redoute ; l'infaillible, est ce moi,dis ? Est-ce toi ? Réponds.]

Victor Hugo : Les quatre vents de l'esprit - L'échafaud -1870

- La peine de mort est une sentence inhumaine, l'attente d'une date d'exécution représente réellement une torture psychologique, et l'acte d'exécution est un traitement déshumanisant et cruel.

[Entre le moment où Tapner est tombé dans le trou de la trappe et l'instant où le bourreau, ne sentantplus de frémissement, lui a lâché les pieds, il s'est écoulé douze minutes. Douze minutes ! Qu'on calcule combien cela fait de temps, si quelqu'un sait à quelle horloge se comptent les minutes de l'agonie !]

Extrait d'une lettre de Victor Hugo à Lord Palmerston (secrétaire d'état de l'intérieur en Angleterre) -1854

- La vie de chaque individu doit être respecté, nul homme, nul gouvernement nedevrait disposer de la vie d'un homme comme si il était insignifiant.

[Dans les pays de liberté l'abolition est presque partout la règle ; dans les pays où règne la dictature, la peine de mort est partout pratiquée. Ce partage du monde ne résulte pas d'une simple coïncidence, mais exprime une corrélation. La vraie signification politique de la peine de mort, est bien qu'elle procède de l'idéeque l'Etat a le droit de disposer du citoyen jusqu'à lui retirer la vie. C'est pas là que la peine de mort s'inscrit dans les systèmes totalitaires : [...] Douze personnes, dans une démocratie, qui ont le droit de dire : celui-là doit vivre, celui-là doit mourir ! Je dis : cette conception de la justice ne peut-être celle des pays de liberté, précisément pour ce qu'elle comporte de significationtotalitaire.]

Robert Badinter

- Nous ne devons pas oublier les victimes du condamné à mort, mais nous devons également ne pas oublier qu'un pays qui condamne un homme à mort fait également des victimes, un condamné à mort a également une famille, des amis.

[Je laisse une mère, je laisse une femme, je laisse un enfant. Une petite fille de trois ans, douce, rose, frêle, avec de grands yeuxnoirs et de longs cheveux châtains. Elle avait deux ans et un mois quand je l'ai vue pour la dernière fois. Ainsi, après ma mort, trois femmes, sans fils, sans mari, sans père ; trois orphelines de différente espèce ; trois veuves du fait de la loi. J'admets que je sois justement puni ; ces innocentes, qu'ont-elles fait ? N'importe ; on les déshonore, on les ruine. C'est la justice. (...) Mais mafille, mon enfant, ma pauvre petite Marie, qui rit, qui joue, qui chante à cette heure et ne pense à rien, c'est celle-là qui me fait mal !]

Victor Hugo - le dernier jour d'un condamné - 1829

- La peine de mort touche majoritairement des individus sans ressources, appartenant souvent à des minorités.

[Si on l'avait proposée, cette souhaitable abolition, non à propos de quatre ministrestombés des Tuileries à Vincennes, mais à propos du premier voleur de grands chemins, propos d'un de ces misérables que vous regardez à peine quand ils passent près de vous dans la rue, auxquels vous ne parlez pas, dont vous évitez instinctivement le coudoiement poudreux ; malheureux dont l'enfance déguenillées a couru pieds nus dans la boue des carrefours, grelottant l'hiver au rebord des quais,(...) ; pauvres diables, que la main pousse au vol, et le vol au reste ; enfants déshérités d'une société marâtre, que la maison de force prend à douze ans, le bagne à dix-huit, l'échafaud à quarante ; infortunés qu'avec une école et un atelier vous auriez pu rendre bons, moraux, utiles, et dont vous ne savez que faire, les versant, comme un fardeau inutile, tantôt dans la rouge fourmilière de...
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