Arrêt contremoulin

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Conseil d'Etat, 10 juillet 1995, Contremoulin
1. Le décret du 3 janvier 1980, fondement de la décision du Conseil d'Etat

1. Les conditions de l'article 6 du décret
2. Les prérogatives de l'inspecteur d'académie
1. Le pouvoir du juge en tant que précurseur législatif

1. Le pouvoir du juge contestant la décision
2. La législation postérieureRésumé du commentaire d'arrêt ...

Le décret du 3 janvier 1980 qui déconcentre la carte scolaire en donne une définition : « la carte scolaire figure à un horizon donné la localisation des enseignements secondaires publics » et précise sans commentaire excessif l’existence de secteurs et districts. Cette sectorisation des établissements scolaires du second degré va engendrer des demandes dedérogation fondées sur certains motifs invoqués par les demandeurs soumis à l’appréciation de l’inspecteur d’académie. Certaines affaires vont être sujettes à des contentieux entre des particuliers et la décision prise par le directeur des services départementaux de l’éducation nationale et vont donc être portées à la sagacité des juridictions administratives afin de trancher le litige. Tel fut lecas en l’espèce avec l’arrêt Contremoulin rendu le 10 juillet 1995 par le Conseil d’Etat, réuni en 4e et 1ère sous-section, à propos d’une demande de dérogation à la carte scolaire.
M. Contremoulin, qui habite à Rouen, avait demandé une dérogation au secteur scolaire en vue de l’inscription de sa fille Christelle en sixième au collège Camille-Saint-Saëns, plus proche de son lieu de travail quele collège de son lieu de résidence.
En premier lieu, l’inspecteur d’académie de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de dérogation le 2 juillet 1992, décision confirmée sur recours gracieux le 2 septembre 1992. En effet, l’inspecteur s’est borné à indiquer qu’il n’est pas possible de retenir la profession des parents comme critère afin d’obtenir une dérogation au secteur scolaire. Parconséquent, M. Contremoulin a saisi le Tribunal Administratif de Rouen en formant un recours pour excès de pouvoir qui a été rejeté par un jugement en date du 16 février 1993. Il présente alors une requête devant le Conseil d’Etat en vue d’annuler le jugement rendu par le Tribunal administratif de Rouen le 16 février 1993 et la décision rendue par l’inspecteur d’académie, directeur des servicesdépartementaux de l’éducation nationale de Seine-Maritime, du 2 juillet 1992.
Dans cette affaire, la Haute juridiction devait principalement s’interroger sur le problème suivant : l’administration est-elle tenue d’appliquer le principe d’égalité de traitement entre tous les usagers d’un service public même dans l’exercice de son pouvoir discrétionnaire ? Accessoirement, le Conseil d’Etat avait aussi à seprononcer sur l’identification de l’autorité qui fixe les motifs pouvant être invoqués afin d’accorder une demande de dérogation et si oui ou non la proximité du lieu de travail était un motif parfaitement légitime. Enfin, le problème quant à assurer l’égalité de traitement des usagers ne sera pas abordé ici car il fait référence aux principes du service public dégagés par Rolland et appelés les « loisde Rolland » qui seront vues ultérieurement dans le cadre des missions de l’administration.
Dans cet arrêt, la Haute juridiction constate l’existence d’un principe général du droit (PGD), en réalité un principe corollaire d’un principe déjà établi par le Conseil d’Etat, s’appliquant dans le domaine du service public de l’enseignement en vertu duquel même dans l’exercice de son pouvoirdiscrétionnaire, l’administration est tenue d’appliquer le principe d’égalité de traitement entre tous les usagers d’un service public. Dès lors que l’administration estime pouvoir accueillir favorablement la demande d’un administré sur la base de critère qu’elle a fixé, elle est tenue d’appliquer à tous les administrés la même solution favorable. En l’espèce, des dérogations au secteur scolaire avaient...