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Gynécologie – Obstétrique Q 88

Infections génitales de la femme. Leucorrhées
DR Ludovic CRAVELLO
Service de gynécologie-obstétrique B, hôpital de La Conception, 13385 Marseille Cedex 05.

Points Forts à comprendre
• Les infections génitales basses sont extrêmement fréquentes, de diagnostic souvent aisé. Elles posent un problème du fait de leur caractère récidivant, surtout pour ce quiconcerne les mycoses vaginales. Elles peuvent également être la première phase d’une infection génitale haute, dont les conséquences sont nettement plus graves. • Ces infections hautes, une fois la phase aiguë passée, sont à l’origine de séquelles lourdes : algies pelviennes chroniques, grossesses extra-utérines, stérilité tubaire. L des micro-organismes fréquemment ’un en cause est Chlamydiatrachomatis, qui a remplacé Neisseria gonorrhœæ. Chlamydia trachomatis est à l’origine d’infections moins bruyantes que par le passé, parfois très peu symptomatiques, mais dont les conséquences négatives sur la fertilité ultérieure sont toutefois identiques.

Épidémiologie et germes responsables
Les infections génitales basses sont dues essentiellement aux champignons de la famille des Candida :Candida albicans dans 85-90 % des cas, plus rarement Candida tropicalis, kruseï ou grabrata, à un parasite : Trichomonas vaginalis, et à une bactérie gram-négative : Gardnerella vaginalis (en association avec d’autres germes anaérobies type Bacteroïdes ou Peptostreptococcus). Les données épidémiologiques précises manquent pour donner la fréquence exacte de ces affections. Rien que pour les candidoses,on estime que 3 femmes sur 4 en France présenteront au moins un épisode de mycose vaginale au cours de leur vie ; 40 à 50 % feront un second épisode, et 10 à 15 % une infection récidivante (définie par 4 épisodes par an). La parasitose à Trichomonas est ubiquitaire ; son incidence est estimée à 200 millions de cas par an dans le monde. Elle est en régression en France depuis une quinzained’années, alors que la vaginose à Gardnerella et germes anaérobies associés est, elle, en augmentation.

Les vulvo-vaginites peuvent plus rarement être dues à des germes banals, type colibacille, streptocoque, klebsiella ou staphylocoque. Les infections génitales hautes sont des affections profondes, le plus souvent polymicrobiennes, avec une association de germes très différents : entérobactéries (E.coli, Proteus…), streptocoques, staphylocoques, germes anaérobies, gonocoques (Neisseria gonorrhœæ, coque gram-négatif), Chlamydia trachomatis, mycoplasmes (Mycoplasma hominis, Ureaplasma urealyticum). Chlamydia trachomatis serait à l’origine de 50 à 60 % des salpingites aiguës, le gonocoque et les mycoplasmes (M. hominis essentiellement) de 10 à 15 % chacun. Le nombre de salpingites aiguës est estiméen France à 150 000 cas chaque année. Les tableaux bruyants d’abcès pelviens et de pelvipéritonites sont en régression, mais l’augmentation des cas de grossesses extra-utérines et de stérilité tubaire traduit la réalité du phénomène épidémiologique. L ’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé en 1996 à 90 millions les cas d’infections à Chlamydia dans le monde. Aux États-Unis, plus de 4millions de cas se déclarent chaque année, pour un coût de 5 milliards de dollars (prise en charge de la phase aiguë et des séquelles, dont la stérilité principalement). En France, la prévalence serait de 5 à 7 % pour l’ensemble de la population féminine. La majorité des femmes atteintes a entre 20 et 35 ans, avec une prédominance pour la classe d’âge de 20 à 25 ans. Le réseau national desurveillance du gonocoque retrouvait 17 000 cas déclarés en 1995 : cette incidence est stable et faible en comparaison avec d’autres pays comme les États-Unis (400 à 1 000 cas/an/100 000 habitants) ou la Grande-Bretagne (30 cas/an/100 000 habitants, en augmentation).

Infections génitales basses et leucorrhées
Les leucorrhées sont des écoulements non sanglants provenant de l’appareil génital...
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