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  • Publié le : 3 janvier 2011
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ESPACE, MOUVEMENT ET SON DANS LA SCULPTURE DE LA SECONDE MOITIE DU XXEME SIECLE |
ESPACE, MOUVEMENT ET SON DANS LA SCULPTURE DE LA SECONDE MOITIE DU XXEME SIECLE
Dès le début du vingtième siècle, l’histoire de la sculpture présente une large variété qui oscille entre les limites extrêmes du matériel et de l’immatériel. Dans la seconde moitié de ce même siècle, les pratiques des environnementset des installations, la prise en compte de la nature, la mise en mouvement ou encore l’usage du son confirment la difficulté de définition d’un genre. À partir de quelques exemples significatifs, l’étude portera sur les divers phénomènes liés à l’espace, au mouvement et au son, qui dans la période indiquée, sollicitèrent diversement le corps et la perception du spectateur. (B.O.)
(Texte proposéaux élèves de terminale inscrits en option de spécialité au lycée régional de Valbonne) rédaction : C.Cirendini
SCULPTURE ET MOUVEMENT AVANT LE XX°
Les mécanismes et les prothèses miniatures des automates étaient particulièrement développés au cours du XVIII° et constituaient une curiosité à la mode, mais l’art, avec tout son sérieux n’en intégra pas les possibilités créatrices pour autant.Mouvement et son étaient attachés au Théâtre, à la Musique et à leur union : l’Opéra, mais pas aux arts plastiques. La tradition classique, reprise et imposée par l’Académie depuis le XVII° voulait qu’en matière de sculpture, la suggestion du mouvement soit assurée par une représentation complexe du corps, que ce dernier soit comme saisi, pétrifié dans l’effectuation d’un mouvement intense. Cettereprésentation de façon mimétique et réaliste se dressait immobile sur un socle autour duquel il s’agissait de tourner. La représentation du mouvement fut une des préoccupations majeures des artistes de l’âge baroque (XVII°) et la sculpture comme la peinture, toutes deux au service de l’architecture, se mirent à vibrer en toutes directions pour émouvoir le spectateur, un peu lassé par les posesissues du classicisme. La suggestion du mouvement, de la course, de l’élan, l’évocation du bruissement des étoffes, celle de la parole ou du cri, devient un signe distinctif de l’art baroque. Le cas de Daphné et Apollon du Bernin est exemplaire, (Villa Borghese, Rome) il offre une variété sidérante de modifications progressives que l’on découvre en se déplaçant autour de l’œuvre sur son socle. Avantlui le grec antique Miron et son Discobole avait fixé les canons classiques de la représentation du corps en mouvement. Un mouvement était suggéré, amorcé et l’imagination faisait le reste pour faire oublier que la matière est inerte. À la fin du XIX°, Rodin, avec l’homme qui marche, en inversant l’ordre des pas et des bras faisant office de balanciers, crée un manque qui ajoute une dimensionpsychologique inédite à la perception. Le manque, (bras et jambe avancés symétriquement) est perçu comme une anomalie, une instabilité menaçante et cela amorce le mouvement que notre désir d’équilibre instinctif réclame inconsciemment. C’est ainsi le spectateur qui crée le mouvement et non l’œuvre, c’est de la part de Rodin une audace qui lui valut de devoir s’expliquer devant un tribunal pour réglerune querelle avec un critique d’art. Mais le mouvement et le son en tant que tels ne feront leur irruption dans les arts plastiques qu’avec les recherches des artistes des avants gardes au début du XX°, soucieux d’intégrer les avancées technologiques de la chronophotographie et du cinéma, comme des premiers enregistrements radiophoniques et phonographiques. Il ne s’agit plus alors de mouvementsimulé, suggéré, mais bel et bien effectué. Les artistes des avants gardes russes (Suprématisme et Constructivisme), les futuristes, les hollandais du groupe De Stijl et les artistes du groupe Dada vont tous exploiter les premières possibilités techniques dans la recherche ouverte d’une sculpture débarrassée de ses codes classiques. La catégorie de la sculpture, telle qu’elle était imposée aux Beaux...
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