Assurance eejma retraite 2010-2011

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Les interactions entre démographie, répartition et capitalisation
Par Nicolas le samedi 1 janvier 2000, 23:43 - Choix capitalisation/répartition - Lien permanent
Le débat français sur l’avenir des retraites fournit une excellente illustration des pesanteurs et des blocages de notre société. D'année en année, la publication de rapports publics, l’organisation de concertations ou les projets deréforme suscitent les mêmes réactions stéréotypées Les représentants des syndicats de "salariés", ainsi qu’une grande partie du personnel politique, hostiles à toute mesure qui, de près ou de loin, permettrait aux français de capitaliser plus facilement, affirment haut et fort leur attachement à la répartition. Dans le même temps, ils ne soutiennent pas les mesures censées pérenniser lefonctionnement de l'assurance vieillesse, tel l'allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein. Plus surprenant, les syndicats – qui gèrent l'assurance vieillesse des travailleurs salariés – pratiquent un double jeu. Ils recrutent une grande partie de leurs adhérents dans la fonction publique et notamment chez les fonctionnaires. A l'évidence, ces derniers ne sont pas concernés par larépartition puisque leurs pensions sont à la charge du budget depuis 1853. Dans la mesure où les retenues sur les traitements des fonctionnaires en activité sont notoirement insuffisantes, l'essentiel des pensions versées aux retraités est effectivement financé par l'impôt. Soucieux de pérenniser cette pratique, et les avantages qui y sont associés, les syndicats ont bruyamment refusé la créationd'une caisse de retraite des agents de la fonction publique de l'Etat en 1995. Ainsi, ceux qui gèrent la répartition du privé refusent de l'appliquer au public. Plus surprenant encore, les syndicats – qui ont mis en place des fonds de pension catégoriels dans le public – refusent leur libéralisation dans le privé au motif que cela risquerait de fragiliser la répartition. Soucieux de ne pasfroisser son électorat traditionnel, le gouvernement Jospin a pris le parti de jouer la carte de l'attentisme tout en multipliant concertations et rapports publics. C'est ainsi que plus d’une demi-douzaine de rapports sur les retraites ont été publiés depuis 1997 . Or, l'impact de ces travaux, censés établir un diagnostic et présenter des pistes de réforme, est plus que mitigé. Le gouvernement, quin'opte pas pour une ligne de conduite claire, s'est contenté de mettre en place un fonds de réserve, solution hybride cumulant les inconvénients de la capitalisation collective et de la répartition . Pourtant, les projections démographiques sont sans appel. Les régimes de retraite par répartition vont être doublement pénalisés par le vieillissement de la société française. D'une part, les charges del'assurance vieillesse vont sensiblement augmenter à partir de 2006, lorsque les générations issues du Baby-Boom feront valoir leur droit à la retraite. D'autre part, les recettes de la répartition vont diminuer puisque le nombre de personnes en âge de cotiser va stagner, voire baisser, durant les quarante prochaines années (Graphique 1). Les ratios de dépendance vont se détériorer sensiblement :alors qu'en moyenne dix personnes d'âge actif subvenaient aux besoins de quatre retraités en 1995, dix actifs devraient théoriquement assumer la charge de sept retraités en 2040 (Tableau 1). Les régimes de retraite par répartition, qui ne font que redistribuer les cotisations prélevées sur les actifs, vont donc devoir restreindre le montant des pensions et augmenter les taux de cotisation. Depuis1993, le mode de calcul des retraites du privé a été progressivement modifié à cette fin. Il en résultera une baisse sensible des retraites du régime général et, surtout, des prestations des régimes complémentaires (Tableau 2). Mais ces mesures restent insuffisantes puisque le rapport Charpin chiffre les besoins de financement annuels entre 700 et 800 milliards de francs en 2040. Il faudra donc...
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